Un plan pour sauver le monde · publié le 11 août 2026
Les champs qui stockent le carbone
Couvrir les sols, mêler les arbres aux cultures, et payer l'agriculteur pour chaque tonne de carbone que sa terre a reprise.
Les sols cultivés ont perdu beaucoup de carbone, à force d'être labourés et laissés nus entre deux récoltes. Ce plan les remet au travail : on couvre la terre l'hiver, on laboure moins, on alterne les cultures, on plante des arbres au milieu des champs, et on ne reboise que les terrains abîmés, jamais les bonnes terres ni les forêts existantes. Chaque agriculteur est payé pour le carbone que son sol a repris, mesuré avant et après. La terre devient plus fertile, elle retient mieux l'eau, et elle rapporte un revenu de plus.
Le bilan officiel
Score406 sur 1000
Jours gagnés sur la deadline404
CO2 gagné sur l'atmosphère d'ici 2050-46,7 Gt
Coût total d'ici 20503 890 milliards d'euros
CLAIR
Le seul plan de la galerie qui paie le RETRAIT plutôt que l'évitement, et qui fait coïncider le climat, l'agronomie et le revenu agricole sur les mêmes tonnes. L'ambition d'origine, dix à vingt gigatonnes par an, tombe à deux et demie une fois les vitesses de stockage remises à l'échelle, et la vraie faiblesse reste la non-permanence : ce carbone repart au premier labour.
Utilité
Retirer le CO2Les sols et les arbres reprennent du CO2 qui est déjà dans l'air, et le gardent tant qu'on ne les abîme pas.
Manger et boireUn sol riche en carbone nourrit mieux les plantes et retient l'eau bien plus longtemps quand il ne pleut pas.
Protéger le vivantDes haies, des arbres dans les champs et des sols vivants, c'est beaucoup plus d'insectes, d'oiseaux et de vers de terre.
Le blueprint du plan
Ce plan porte un blueprint : la planche technique dessinée pendant la modération, qui montre d'un coup d'oeil comment il fonctionne. Elle se lit sur la fiche, dans son onglet.
Pourquoi ça peut marcher
Il paie le retrait, pas la promesse2,5 GtCO2 reprises chaque année par des sols et des arbres à maturité, mesurées avant et après, et payées à la tonne effectivement stockée.
Trois intérêts qui coïncident enfinLe climat veut du carbone dans le sol, l'agronome veut de la matière organique, l'agriculteur veut un revenu : ce sont exactement les mêmes tonnes.
Il ne prend la place de personneLe plan protège les forêts et les prairies riches, reboise seulement les terres dégradées et laisse les bonnes terres à la nourriture.
Un chèque au lieu d'une interdictionÀ 80 € la tonne, une terre cultivée rapporte environ 90 € par hectare et par an de plus, une parcelle en agroforesterie plusieurs centaines.
Ce qui fait mal
Le carbone d'un sol peut repartirUn retour au labour ou un incendie annule le gain rétroactivement. Aucune parade complète n'existe, et c'est la faiblesse structurelle du plan.
Le facteur d'échelle était fauxL'objectif initial de dix à vingt Gt par an tombe à deux et demie : à 0,3 tonne de carbone par hectare et par an, même la moitié des terres cultivées du monde ne peut pas donner plus.
Mesurer coûte et se trichePayer des dizaines de millions d'exploitations suppose une mesure du carbone du sol fiable à quelques euros la tonne. Au-delà de 20 € la tonne, l'agriculteur ne bouge plus.
Le piège de la compensationSi ces crédits servent à excuser des émissions fossiles au lieu de s'y ajouter, le bilan mondial est nul : la même tonne est comptée deux fois.
Le détail des notes
Le gain
Ce que le plan rapporte au monde : le CO2 gagné sur l'atmosphère chaque année (évité et retiré), les degrés de réchauffement gagnés, et une solution qui tient dans le temps.
Environ 2,5 GtCO2 RETIRÉES par an en régime de croisière, plus 0,15 Gt évitée sur les engrais, soit 47 Gt nettes cumulées d'ici 2050. Un stock qui se remplit puis sature, et qui peut repartir si la terre est réabîmée.
CO2 par an 44 sur 100 Calculé par la plateforme : 1.87 Gt de CO2 nettes gagnées par an en moyenne sur l'atmosphère (évité + retiré, cumul de la série jusqu'à 2050).
Température par an 44 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.00084 °C de réchauffement gagnés par an, dérivés du CO2 net par la TCRE (0,45 °C pour 1000 Gt, GIEC AR6) : la même mesure que le CO2, en degrés.
CO2 décarboné 73 sur 100 Calculé par la plateforme : 1.76 Gt retirées par an en moyenne du stock déjà présent (colonne co2_removed_gt de la série).
Résilience 45 sur 100 Quatre leviers indépendants et un revenu qui vient s'ajouter, pas remplacer. Mais le carbone d'un sol repart au premier retour de charrue ou au premier incendie : ce plan doit être tenu chaque année, pour toujours.
Le chantier
Ce que ça coûte de le faire : le savoir-faire, l'argent, les matériaux, les bras, les ressources disponibles et le temps avant le premier effet.
Rien à construire, tout à diffuser : des semences de couverts, des semoirs, des plants et surtout du conseil agronomique pour des dizaines de millions d'exploitations. 83 € la tonne, payés chaque année sans fin.
Faisabilité technique 70 sur 100 Couverts, semis direct, rotations et agroforesterie sont pratiqués depuis des décennies. Le point dur n'est pas l'agronomie, c'est de MESURER le carbone d'un sol assez bien pour le payer sans se faire berner.
Coût financier 55 sur 100 Environ 3 900 Md€ sur vingt-cinq ans, soit 83 € la tonne : bien moins cher que capturer dans l'air, bien plus cher que garder une forêt debout. Et c'est une dépense qui ne s'arrête jamais.
Coût matériel 85 sur 100 Presque rien à construire : des semences de couverts, des semoirs de semis direct, des plants d'arbres. Le carbone se stocke avec du vivant, pas avec de l'acier.
Coût humain 50 sur 100 Il faut convaincre et former des dizaines de millions d'exploitations, et déployer un conseil agronomique qui manque presque partout. C'est le vrai chemin critique, plus que l'argent.
Disponibilité des ressources 70 sur 100 La ressource centrale, la terre, existe déjà : 1,6 Gha cultivés. Ce qui manque, ce sont les semences de couverts, le matériel et les plants, à une échelle jamais atteinte.
Coût en temps 62 sur 100 Un couvert végétal stocke dès le premier hiver, mais le dispositif de mesure et de paiement demande deux à trois ans, et la montée en charge une décennie.
Le monde
Ce que ça implique pour les gens et les pays : industrialiser sans abîmer, être adopté, améliorer la société, faire coopérer les États, sauver des vies.
Aucun traité n'est nécessaire, chaque pays peut commencer seul, et l'agriculteur reçoit un chèque au lieu d'une interdiction. Le danger est le marché de compensation, où ces tonnes serviraient d'excuse à ne pas réduire les émissions fossiles.
Industrialisation 68 sur 100 Chaque exploitation est un chantier séparé : ça ne s'industrialise pas, ça se diffuse. En revanche le dispositif se copie pays par pays, et plusieurs labels carbone agricoles tournent déjà.
Adoption publique 72 sur 100 Le plan paie l'agriculteur au lieu de lui interdire quelque chose, et améliore son sol au passage. C'est le rare plan climat qui arrive avec un chèque plutôt qu'avec une contrainte.
Impact sur la société 70 sur 100 Un revenu de plus pour des exploitations souvent fragiles, des sols qui résistent mieux aux sécheresses, et une agriculture qui redevient utile au climat sans réduire la production alimentaire.
Impact géopolitique 55 sur 100 Aucun traité n'est nécessaire : chaque pays peut lancer le sien. Le risque est ailleurs, dans un marché de crédits internationaux où les tonnes des uns servent d'excuse aux autres.
Nombre de pays concernés 50 sur 100 Calculé par la plateforme : pays non renseignés, critère neutre (0,5).
Impact sanitaire et vies humaines 60 sur 100 Moins d'engrais azotés, c'est moins de nitrates dans l'eau et moins de particules issues de l'ammoniac agricole. Les sols vivants filtrent aussi mieux ce qui va à la rivière.
Empreinte écologique 82 sur 100 Le plan protège explicitement les forêts et les prairies riches, et ne reboise que les terres abîmées. Le risque résiduel est la plantation monospécifique, qui stocke du carbone sans faire une forêt.