Un plan pour sauver le monde · publié le 11 août 2026
Attraper le CO2 à la sortie de l'usine
Le ciment et l'acier émettent par chimie, pas seulement par combustion : ici, on attrape leur carbone dans la cheminée et on l'enferme sous terre.
Certaines usines émettent du CO2 même quand elles marchent à l'électricité propre : le ciment en libère en cuisant son calcaire. Ce plan installe sur leurs cheminées un appareil qui trie les fumées et retient le CO2, le comprime jusqu'à le rendre presque liquide, l'envoie par tuyau ou par bateau, puis l'injecte à un ou trois kilomètres sous terre, sous une roche imperméable qui fait couvercle. Le gaz ne monte jamais dans l'air. C'est cher, ça consomme de l'énergie, et c'est l'une des seules réponses connues pour ces usines-là.
Le bilan officiel
Score310 sur 1000
Jours gagnés sur la deadline196
CO2 gagné sur l'atmosphère d'ici 2050-22,6 Gt
Coût total d'ici 20502 362 milliards d'euros
PLAN ENTIER
Un dossier solide, honnête sur ses limites, et qui vise juste : le ciment et l'acier émettent par chimie, pas seulement par combustion, et pour ces fours il n'existe aucune autre réponse à l'échelle. Environ 1,9 GtCO2 par an à maturité pour 105 € la tonne, à condition de multiplier par quarante une industrie qui capte aujourd'hui un millième des émissions mondiales.
Utilité
Ne plus envoyer de CO2Le CO2 des cimenteries et des aciéries est attrapé dans la cheminée : il ne monte jamais dans l'air.
Le blueprint du plan
Ce plan porte un blueprint : la planche technique dessinée pendant la modération, qui montre d'un coup d'oeil comment il fonctionne. Elle se lit sur la fiche, dans son onglet.
Pourquoi ça peut marcher
La seule réponse pour le cimentLe calcaire libère son CO2 en cuisant, même dans un four électrique : environ 60 % des émissions du ciment sont chimiques et n'ont aucune autre solution connue.
La technique est déjà en serviceSleipner injecte depuis 1996, Quest depuis 2015, et les solvants aminés captent 90 à 95 % du CO2 d'une fumée industrielle.
Le hub fait tomber le prixCinq usines raccordées au même réseau et au même puits partagent l'infrastructure : la tonne perd environ un tiers de son coût.
Le stockage tientUn site bien choisi retient plus de 99 % du CO2 sur mille ans, sous une roche imperméable, avec surveillance sismique et satellitaire.
Ce qui fait mal
Personne ne paie spontanémentÀ 105 € la tonne évitée, aucun industriel n'installe le captage sans prix du carbone élevé ou sans obligation réglementaire : le plan dépend entièrement d'une décision politique.
Capter consomme de l'énergie10 à 30 % de l'énergie du site part dans le captage. Alimenté par une électricité carbonée, le dispositif se paie lui-même en monnaie de singe.
Multiplier par quarante en vingt-cinq ansLe monde capte environ 50 Mt par an, soit un millième de ses émissions ; le plan en vise 1,9 Gt. C'est créer une industrie de la taille du pétrole, en sens inverse.
Le soupçon de permis de polluerSi le captage sert à prolonger des centrales fossiles au lieu d'équiper le ciment et l'acier, le bilan net s'effondre et l'opinion se ferme.
Le détail des notes
Le gain
Ce que le plan rapporte au monde : le CO2 gagné sur l'atmosphère chaque année (évité et retiré), les degrés de réchauffement gagnés, et une solution qui tient dans le temps.
Environ 1,9 GtCO2 évitée par an en régime de croisière, 23 Gt cumulées d'ici 2050, sans retirer une tonne du stock déjà présent. Le gain dure tant que l'usine tourne et que le site reste étanche.
CO2 par an 27 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.91 Gt de CO2 nettes gagnées par an en moyenne sur l'atmosphère (évité + retiré, cumul de la série jusqu'à 2050).
Température par an 27 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.00041 °C de réchauffement gagnés par an, dérivés du CO2 net par la TCRE (0,45 °C pour 1000 Gt, GIEC AR6) : la même mesure que le CO2, en degrés.
CO2 décarboné 0 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.00 Gt retirées par an en moyenne du stock déjà présent (colonne co2_removed_gt de la série).
Résilience 55 sur 100 Une fois l'installation construite, elle capte tant que l'usine tourne, sans dépendre d'une décision annuelle. Mais elle dépend d'un prix du carbone élevé pour être rentable, et ce prix, lui, se vote.
Le chantier
Ce que ça coûte de le faire : le savoir-faire, l'argent, les matériaux, les bras, les ressources disponibles et le temps avant le premier effet.
Colonnes, compresseurs, pipelines et puits sur des centaines de sites, pour 2 360 Md€ et 105 € la tonne, avec une pénalité énergétique de 10 à 30 % qu'il faut alimenter en électricité propre.
Faisabilité technique 85 sur 100 Rien à inventer : Sleipner injecte depuis 1996, Quest depuis 2015, les solvants aminés captent 90 à 95 % du CO2 des fumées. Le monde capte déjà une cinquantaine de millions de tonnes par an.
Coût financier 42 sur 100 Environ 105 € la tonne évitée, soit 2 360 Md€ sur vingt-cinq ans. C'est cinq fois le prix d'une forêt gardée debout, et personne ne le paie spontanément sans obligation ou sans prix du carbone.
Coût matériel 45 sur 100 Colonnes, compresseurs, pipelines, puits, solvants : c'est de la grosse chimie et de la tuyauterie lourde, sur des centaines de sites. Le plan construit beaucoup.
Coût humain 60 sur 100 Les métiers existent déjà, ce sont ceux du gaz et de la pétrochimie reconvertis. Il faut en revanche des milliers d'ingénieurs et d'exploitants sur des sites où l'industrie lourde a parfois disparu.
Disponibilité des ressources 55 sur 100 La ressource critique n'est pas le matériau, c'est l'ÉNERGIE : capter consomme 10 à 30 % de l'énergie du site, et cette énergie doit être décarbonée sous peine d'annuler le gain.
Coût en temps 48 sur 100 Un projet de captage se décide, se permis et se construit en cinq à huit ans, le stockage encore plus lentement. Les premières tonnes de ce plan ne tombent pas avant 2029.
Le monde
Ce que ça implique pour les gens et les pays : industrialiser sans abîmer, être adopté, améliorer la société, faire coopérer les États, sauver des vies.
Aucun traité nécessaire, mais aucune adhésion spontanée non plus : sans prix du carbone élevé ou obligation, personne n'installe. Et les riverains des pipelines et des puits ont leur mot à dire.
Industrialisation 72 sur 100 C'est une industrie réplicable, avec des fournisseurs, des standards et des retours d'expérience. Les hubs proposés par l'auteur sont exactement ce qui fait baisser la tonne.
Adoption publique 35 sur 100 Les pipelines et les puits d'injection se heurtent aux riverains, et le captage traîne une réputation de permis de polluer. Le ciblage strict sur le ciment et l'acier est la seule réponse crédible.
Impact sur la société 50 sur 100 Le plan sauve des emplois industriels lourds au lieu de les délocaliser, ce qui compte dans des régions entières. Il n'apporte en revanche aucun bénéfice visible au quotidien des gens.
Impact géopolitique 55 sur 100 Aucun traité n'est requis : chaque pays équipe ses usines. Le risque est la fuite industrielle vers les pays qui n'imposent rien, comme pour toute contrainte carbone.
Nombre de pays concernés 50 sur 100 Calculé par la plateforme : pays non renseignés, critère neutre (0,5).
Impact sanitaire et vies humaines 45 sur 100 Moins de fumées industrielles à proximité des sites, mais les solvants aminés relâchent des produits de dégradation qu'il faut traiter. Le bénéfice sanitaire est réel et modeste.
Empreinte écologique 50 sur 100 Peu d'emprise au sol, mais une consommation d'énergie importante, des solvants à gérer et un risque de fuite du site à surveiller pendant des siècles.