Un plan pour sauver le monde · publié le 6 août 2026 · concerne Brésil, République démocratique du Congo, Indonésie, Pérou, Colombie, Bolivie, Venezuela, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Gabon, Congo, Cameroun, Malaisie, Russie, Canada, Équateur, Guyana, Suriname, Birmanie, Inde, Mexique, Norvège, Allemagne, France, Royaume-Uni
Le Droit à la Forêt
Une forêt debout rapporte plus qu'une forêt coupée : chaque hectare encore vivant touche un revenu, versé tant qu'il tient debout.
Aujourd'hui, on gagne de l'argent quand on coupe une forêt, et rien du tout quand on la laisse tranquille. Ce plan renverse la règle. Chaque hectare de vieille forêt reçoit un versement chaque année, simplement parce qu'il est encore debout. L'argent vient d'une petite contribution payée par ceux qui brûlent du charbon, du pétrole et du gaz, par les gros bateaux de marchandises et par les avions. Il est versé aux pays, aux communes, aux peuples de la forêt et aux propriétaires qui gardent leurs arbres. Des satellites surveillent les forêts depuis le ciel. Si les arbres d'une parcelle disparaissent, le versement s'arrête aussitôt. Garder une forêt vivante devient alors plus intéressant que de l'abattre.
Le bilan officiel
Score195 sur 1000
Jours gagnés sur la deadline167
CO2 gagné sur l'atmosphère d'ici 2050-19,3 Gt
Coût total d'ici 2050401 milliards d'euros
UNE AMBITION
Le mécanisme est limpide : payer chaque hectare de vieille forêt pour qu'il reste debout, vérifié par satellite, financé par une contribution des importations. Le chiffrage est honnête, un plateau autour de 1 Gt de CO2 évitée par an dès 2037 pour environ 20 Md€ par an : le prix de la forêt tropicale qui ne tombe pas. Les murs sont politiques, pas techniques : faire payer les importateurs, verser à des États fragiles sans capter la rente, et tenir le versement PLUS rentable que la coupe, année après année, sans jamais s'arrêter. Durci sur la gouvernance des fonds, ce plan est une pièce sérieuse du puzzle, cousine assumée de « Payer les forêts pour rester debout ».
Utilité
Protéger le vivantUn peu plus d'un milliard d'hectares de forêt ancienne restent debout, et tout ce qui y vit reste chez soi.
Ne plus envoyer de CO2Le carbone stocké dans ces forêts ne part pas dans l'air : environ une gigatonne de CO2 par an qui n'est jamais émise.
Manger et boireLes forêts continuent de fabriquer la pluie et de retenir les sols dont vivent les cultures en aval.
Le blueprint du plan
Ce plan porte un blueprint : la planche technique dessinée pendant la modération, qui montre d'un coup d'oeil comment il fonctionne. Elle se lit sur la fiche, dans son onglet.
Pourquoi ça peut marcher
La tonne à 21 eurosEnviron 21 € la tonne évitée, contre 70 € pour le quota carbone européen et 200 à 600 € pour la capture directe dans l'air : une des tonnes les moins chères que l'on sache éviter.
Rien à inventerSentinel-1 et 2, Landsat et GEDI sont déjà en orbite, les données sont ouvertes, et PRODES détecte la coupe en Amazonie depuis 1988 : la vérification coûte quelques dizaines de millions d'euros par an, le poste le moins cher du plan.
Un financement qui boucle18,9 Md€/an sur quatre assiettes déjà tarifées : 0,30 € par tonne de CO2 fossile représente 0,07 centime par litre d'essence, et le total pèse environ 1,5 % des subventions mondiales aux énergies fossiles.
Le gardien réel est payé20 % du flux part en versement direct aux communautés locales et aux peuples autochtones, dont les territoires sont statistiquement les forêts les mieux conservées de la planète.
Un précédent qui marcheLe Fonds Amazonie paie à la performance sur constat satellite depuis 2008, et le Tropical Forest Forever Facility lancé à Belém en 2025 en est la version mondiale : ce plan y ajoute la recette pérenne qui leur manque.
Ce qui fait mal
Le loyer perd contre la palme14 €/ha/an en moyenne face à 500 à 2 000 €/ha/an de rente du palmier à huile : le plan sauve les hectares qui tombent faute de valeur, pas les fronts de conversion les plus rentables.
Trop lent pour 2030Deux ans de traité avant le premier euro versé, pilotes en 2028, plein régime vers 2035 : le plan n'évite que 0,3 Gt en 2030 et rate largement l'échéance de janvier 2030.
Un loyer à perpétuitéLe versement doit durer toujours : un basculement politique dans un grand pays forestier ou une contribution qui flanche rouvre la hache, et la dotation de 100 Md€ ne couvre qu'un cinquième du besoin annuel.
Le foncier, chemin critiqueIdentifier l'ayant droit de chaque parcelle dans des pays où la terre n'est pas titrée, comme en RDC, est long et incertain ; la capture du loyer par les élites est contenue par la transparence, pas éliminée.
La fuite ronge le bilanUn quart du gain brut est annulé par le déplacement de la conversion vers les zones non couvertes, et la fourchette honnête reste large : 0,6 à 1,6 Gt de CO2 par an.
Le détail des notes
Le gain
Ce que le plan rapporte au monde : le CO2 gagné sur l'atmosphère chaque année (évité et retiré), les degrés de réchauffement gagnés, et une solution qui tient dans le temps.
1,02 Gt de CO2 évitées par an en régime de croisière à partir de 2038, 19,3 Gt cumulées de 2026 à 2050, soit 0,77 Gt/an en moyenne, et zéro retrait revendiqué : le puits forestier existant n'est pas compté deux fois. Coût cumulé de 401 Md€, environ 21 € la tonne évitée, pour 0,009 °C gagnés en 2050.
CO2 par an 24 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.77 Gt de CO2 nettes gagnées par an en moyenne sur l'atmosphère (évité + retiré, cumul de la série jusqu'à 2050).
Température par an 24 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.00035 °C de réchauffement gagnés par an, dérivés du CO2 net par la TCRE (0,45 °C pour 1000 Gt, GIEC AR6) : la même mesure que le CO2, en degrés.
CO2 décarboné 0 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.00 Gt retirées par an en moyenne du stock déjà présent (colonne co2_removed_gt de la série).
Résilience 55 sur 100 Quatre sources de financement indépendantes, une dotation en amortisseur et un paiement auto-correcteur qui s'arrête seul. Mais le loyer doit être versé à perpétuité : un basculement politique dans un grand pays forestier, ou une contribution qui flanche, rouvre la hache.
Le chantier
Ce que ça coûte de le faire : le savoir-faire, l'argent, les matériaux, les bras, les ressources disponibles et le temps avant le premier effet.
Techniquement, rien à inventer : Sentinel-1 et 2, Landsat et GEDI sont en orbite, PRODES détecte la coupe depuis 1988, et la vérification coûte quelques dizaines de millions d'euros par an. Le financement de 19 Md€/an boucle sur quatre assiettes carbone déjà tarifées (0,30 €/t fossile, soit 0,07 centime par litre d'essence). Le vrai chantier est juridique : deux ans de traité avant le premier euro
Faisabilité technique 88 sur 100 Rien à inventer : Sentinel-1 et 2, Landsat et GEDI sont en orbite, les données sont ouvertes et PRODES/DETER détecte la coupe depuis 1988. L'obstacle est juridique et diplomatique, jamais technique.
Coût financier 85 sur 100 19 Md€/an, 401 Md€ sur 25 ans, soit environ 21 € la tonne évitée : moins que le quota européen et dix fois moins que la capture directe dans l'air. Le financement boucle sur quatre assiettes carbone déjà tarifées, chiffres et prélèvements posés.
Coût matériel 92 sur 100 Un plan de flux financiers : les satellites sont déjà là, les données sont gratuites, il faut un registre et des serveurs. Presque aucune matière consommée pour l'exécuter.
Coût humain 75 sur 100 Pas de main-d'œuvre de masse, mais un travail administratif lourd et lent : cadastres, identification des ayants droit, audits, dans des pays où le foncier n'est pas titré. Les compétences existent, le temps manque.
Disponibilité des ressources 85 sur 100 La ressource centrale, c'est la forêt elle-même : 1,11 Gha de forêt primaire existent déjà (FAO 2020). L'argent aussi : 19 Md€/an se prélèvent sur des assiettes existantes, à 0,30 €/t CO2 fossile.
Coût en temps 60 sur 100 Deux ans de montage avant le premier euro versé, pilotes en 2028, plein régime vers 2035. Le plan rate largement l'échéance de janvier 2030 et n'évite pas une tonne avant 2028.
Le monde
Ce que ça implique pour les gens et les pays : industrialiser sans abîmer, être adopté, améliorer la société, faire coopérer les États, sauver des vies.
Un des rares transferts Nord-Sud qui fasse consensus en COP, co-gouverné par les pays forestiers, avec 24 pays déclarés et 20 % du flux versés directement aux peuples autochtones, dont les territoires sont les forêts les mieux conservées. Restent trois frictions : la conditionnalité satellite lue comme une atteinte à la souveraineté, la capture du loyer par les élites locales, contenue par la publ
Industrialisation 82 sur 100 Un contrat plus une image satellite : le dispositif se copie pays par pays sans usine ni chaîne d'approvisionnement. Le Fonds Amazonie, puis sa version mondiale lancée à Belém, ont déjà démontré la réplication.
Adoption publique 62 sur 100 Populaire dans l'opinion et chez les peuples autochtones, à qui 20 % du flux est fléché directement. Mais « payer pour ne pas détruire » heurte, et un loyer de 14 €/ha/an ne convainc pas un planteur de palme qui gagne cent fois plus.
Impact sur la société 72 sur 100 Revenu stable et reconnaissance foncière pour les communautés forestières, versement direct et traçable. Le risque de rente captée par les élites locales est contenu par la publication parcelle par parcelle, pas éliminé.
Impact géopolitique 72 sur 100 Un des rares transferts Nord-Sud qui fasse consensus en COP, co-gouverné par les pays forestiers eux-mêmes. La conditionnalité sur constat satellite reste lue comme une atteinte à la souveraineté.
Nombre de pays concernés 19 sur 100 Calculé par la plateforme : 24 pays concernés déclarés (1 pays = note maximale, 50 et plus = 0, rampe logarithmique).
Impact sanitaire et vies humaines 78 sur 100 Les feux de déforestation tuent : les estimations publiées sur les fumées indonésiennes de 2015 avancent près de cent mille décès prématurés. Moins de défrichement, c'est moins de fumées, moins d'émergences zoonotiques et de l'eau préservée en aval.
Empreinte écologique 90 sur 100 Le plan ne construit rien et ne consomme presque rien ; son effet direct sur le vivant est le bénéfice recherché. Seul dégât de bord : la fuite de la conversion vers les zones non couvertes, déjà déduite à hauteur de 25 %.