Un plan pour sauver le monde · publié le 12 août 2026
Le moustique à CO2
Un zeppelin grand comme un quartier qui renifle le carbone de l'air et le repique tout au fond de la terre, comme un moustique géant piquant le ciel.
L'idée est simple à raconter. Un immense ballon dirigeable flotte dans le ciel, aspire l'air autour de lui, en retire le CO2 qui réchauffe la planète, puis fait descendre un long tuyau pour l'enfouir très profond sous terre. C'est un moustique géant, sauf qu'au lieu de piquer pour prendre du sang, il pique le ciel pour lui retirer sa pollution.
Le bilan officiel
Score156 sur 1000
CO2 gagné sur l'atmosphère d'ici 2050-0,0 Gt
Coût total d'ici 2050135 milliards d'euros
UN CAP DONNÉ
Une idée magnifique et une image qui parle à tout le monde, mais la physique la cloue au sol : la capture directe de l'air réclame des mégawatts et des tonnes de matière quand un dirigeable ne soulève presque rien, et l'enfouissement, lui, se fait dans des puits fixes où le vol n'aide en rien. Pose la machine à côté du puits et tu tiens un vrai plan de retrait.
Utilité
Retirer le CO2Il retire le CO2 déjà présent dans l air pour l enfouir loin sous terre.
Le blueprint du plan
Ce plan porte un blueprint : la planche technique dessinée pendant la modération, qui montre d'un coup d'oeil comment il fonctionne. Elle se lit sur la fiche, dans son onglet.
Pourquoi ça peut marcher
Les deux moitiés existent déjàLa capture directe de l'air tourne en vrai (Climeworks en Islande) et les dirigeables cargo sont des projets sérieux : le plan n'invente pas la physique, il tente d'assembler du connu.
Il retire, il n'évite pasContrairement à un plan qui empêche d'émettre, celui-ci s'attaque au CO2 déjà dans l'air : c'est la seule famille de solutions qui peut faire baisser le stock une fois les émissions arrêtées.
Aucun sol bétonnéUn capteur en vol n'artificialise pas de terrain : il ne prend ni champ ni forêt au sol, là où une grande usine de capture au sol occupe de l'espace.
Ce qui fait mal
Le vol n'aide pas à enfouirL'étape qui compte, injecter le CO2 dans une roche profonde, se fait par des puits fixes au sol : l'appareil doit stationner au-dessus d'un site, et la mobilité, seul intérêt du ballon, ne sert plus à rien.
Le budget de poids est intenableCapter une tonne de CO2 par heure demande environ 2 MW en continu plus des tonnes de sorbant, quand un dirigeable ne porte que 100 à 200 tonnes en tout : un appareil ne capte que quelques milliers de tonnes par an.
L'hélium est rare et cherGonfler et entretenir des milliers de très grands dirigeables réclame des volumes d'hélium considérables, une ressource limitée, concentrée dans quelques pays et au prix volatil.
Le coût par tonne exploseAutour de 3000 à 5000 euros la tonne retirée contre 250 à 600 au sol : chaque tonne retirée en vol coûte plusieurs fois le prix de la même tonne captée par une machine posée par terre.
Le détail des notes
Le gain
Ce que le plan rapporte au monde : le CO2 gagné sur l'atmosphère chaque année (évité et retiré), les degrés de réchauffement gagnés, et une solution qui tient dans le temps.
Le retrait est réel mais minuscule, quelques centièmes de gigatonne par an au mieux : on gratte le stock de CO2, on ne le renverse pas.
CO2 par an 0 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.00 Gt de CO2 nettes gagnées par an en moyenne sur l'atmosphère (évité + retiré, cumul de la série jusqu'à 2050).
Température par an 0 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.00000 °C de réchauffement gagnés par an, dérivés du CO2 net par la TCRE (0,45 °C pour 1000 Gt, GIEC AR6) : la même mesure que le CO2, en degrés.
CO2 décarboné 0 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.00 Gt retirées par an en moyenne du stock déjà présent (colonne co2_removed_gt de la série).
Résilience 25 sur 100 Un dirigeable est à la merci du vent, de l'orage et de la foudre : une flotte entière peut être clouée au sol par une tempête, quand un site de retrait au sol, lui, continue de tourner.
Le chantier
Ce que ça coûte de le faire : le savoir-faire, l'argent, les matériaux, les bras, les ressources disponibles et le temps avant le premier effet.
Tout est à inventer et tout est cher : un dirigeable-capteur qui n'existe pas, une flotte de milliers d'unités, de l'hélium rare et une énergie considérable à embarquer.
Faisabilité technique 20 sur 100 Chaque brique existe séparément, mais porter en vol des mégawatts de capture et des tonnes de sorbant dépasse de loin la charge utile d'un dirigeable : le montage n'a jamais été fait et le budget de poids explique pourquoi.
Coût financier 20 sur 100 Autour de 3000 à 5000 euros la tonne retirée, contre 250 à 600 au sol aujourd'hui : la prime de la plateforme volante rend chaque tonne beaucoup plus chère que la même capture posée par terre.
Coût matériel 30 sur 100 Il faut de très grandes enveloppes, des sorbants, et surtout de l'hélium, une ressource rare et à prix volatil, en quantité pour gonfler des milliers d'appareils.
Coût humain 80 sur 100 Le plan ne déplace personne et ne met pas de population en danger direct : le principal risque humain est la sécurité des équipages et du survol, gérable et limité.
Disponibilité des ressources 30 sur 100 L'énergie nécessaire est énorme et l'hélium est une ressource tendue, concentrée dans quelques pays : les deux verrous d'approvisionnement pèsent sur toute montée en flotte.
Coût en temps 30 sur 100 Rien ne se retire avant d'avoir inventé le dirigeable-capteur puis d'en avoir construit une flotte : l'effet utile n'arrive pas avant de longues années.
Le monde
Ce que ça implique pour les gens et les pays : industrialiser sans abîmer, être adopté, améliorer la société, faire coopérer les États, sauver des vies.
Peu de heurts géopolitiques, mais une dépendance à l'hélium et aux sites de stockage, et des riverains à convaincre d'accepter des géants au-dessus de leurs têtes.
Industrialisation 30 sur 100 Le monde ne produit aujourd'hui aucun très grand dirigeable en série : passer à des milliers d'unités est un saut industriel que personne n'a amorcé.
Adoption publique 50 sur 100 L'image d'un géant du ciel dépollueur peut séduire et mobiliser, mais le survol permanent de zones habitées et la peur du ballon qui tombe soulèveront des oppositions.
Impact sur la société 50 sur 100 L'effet social reste modeste : quelques emplois de pointe et une belle vitrine climatique, sans transformation profonde du quotidien des gens.
Impact géopolitique 50 sur 100 Il faut des sites de stockage géologiques et un accès à l'hélium concentré dans peu de pays : de la coordination, sans conflit majeur ni levier de puissance particulier.
Nombre de pays concernés 50 sur 100 Calculé par la plateforme : pays non renseignés, critère neutre (0,5).
Impact sanitaire et vies humaines 55 sur 100 Aucun effet sanitaire local marqué : le CO2 retiré agit sur le climat, pas sur l'air qu'on respire dans la rue, donc le bénéfice santé reste indirect.
Empreinte écologique 45 sur 100 Le plan retire du carbone, ce qui est bon, mais consomme beaucoup d'énergie, d'hélium et de matériaux : l'empreinte de fabrication mange une part du gain.