Un plan pour sauver le monde · publié le 5 août 2026
La ville qui respire
Des façades vivantes, des colonnes d'algues et une intelligence qui veille : la ville cesse de cracher du carbone pour se mettre à en boire.
Les villes rejettent énormément de gaz carbonique. L'idée, c'est de retourner le problème : on couvre les immeubles d'une peinture remplie de minuscules algues qui boivent ce gaz au soleil et rendent de l'oxygène, et on plante dans les rues de grandes colonnes pleines de ces mêmes algues. Chaque bâtiment récupère aussi l'eau de pluie et fabrique son électricité, les trottoirs filtrent, les routes récupèrent la chaleur. Pendant ce temps, une intelligence artificielle mondiale surveille l'air et envoie des drones replanter des forêts et des mangroves là où ça va mal. La ville arrête d'être une cheminée et devient un être vivant.
Le bilan officiel
Score227 sur 1000
Jours gagnés sur la deadline22
CO2 gagné sur l'atmosphère d'ici 2050-2,6 Gt
Coût total d'ici 2050990 milliards d'euros
PREMIER JET
Ton intuition est juste : la ville concentre chaleur, carbone et surfaces, autant s'en servir. Mais quand on chiffre brique par brique, le plan se retourne. Les algues, qui occupent les trois quarts de ton texte, apportent 1 % du gain pour 42 % de la facture ; les toits solaires, mentionnés en une ligne, en apportent 87 %. Ta ville respire, mais elle respire par le toit. Garde la vision, inverse les priorités, et tu gagnes un ordre de grandeur sur le même budget.
Utilité
Ne plus envoyer de CO2Les toits des immeubles fabriquent leur propre électricité au soleil, alors on brûle moins de charbon et de gaz pour la leur fournir.
Retirer le CO2Les algues des façades et les forêts replantées par les drones aspirent du gaz carbonique qui est déjà dans l'air.
Protéger le vivantLes drones replantent des mangroves et des forêts, et les animaux reviennent dans des endroits qu'ils avaient quittés.
Le blueprint du plan
Ce plan porte un blueprint : la planche technique dessinée pendant la modération, qui montre d'un coup d'oeil comment il fonctionne. Elle se lit sur la fiche, dans son onglet.
Pourquoi ça peut marcher
Les toits portent le gain500 GW de toits solaires évitent 0,27 Gt de CO2 par an en 2050, soit 87 % du gain total du plan pour 44 % du budget.
Aucun traité nécessaireChaque ville peut se lancer seule, sans accord international ni dépendance à un voisin : c'est une force rare parmi les plans mondiaux.
Une ville plus vivableMoins d'îlots de chaleur donc moins de morts en canicule, des rues plus fraîches et plus vertes : le plan améliore le quotidien même là où son bilan carbone déçoit.
Des emplois locaux durablesL'installation et l'entretien des façades, colonnes et toits créent des emplois non délocalisables dans chaque ville équipée.
Une variante gagnante incluseEn ne gardant que les toits solaires, l'eau et les routes à chaleur, le plan conserve 90 % de son gain pour 55 % de son coût.
Ce qui fait mal
Les algues coûtent sans capterLes deux briques à microalgues absorbent 375 Md€, soit 42 % du budget, pour 1 % du gain : près de 4 700 € la tonne évitée.
Le carbone des algues s'évaporeSi la biomasse récoltée n'est pas carbonisée ou enfouie, le gain des façades tombe à zéro, et cette filière n'existe nulle part à grande échelle.
Un gain mondial modeste2,5 Gt de CO2 cumulées d'ici 2050, environ 22 jours gagnés sur le budget carbone, à 350 € la tonne, dans la fourchette haute des prix actuels.
Nutriments et eau sous tensionDes centaines de millions de m2 d'algues réclament azote et phosphore en concurrence directe avec les engrais agricoles, et leur eau concurrence l'eau potable dans les villes sèches.
Une peau qui meurt sans soinsLes façades vivantes exigent un entretien permanent : une ville qui cesse de payer perd sa couche d'algues en une saison, et la peinture qui tient vingt ans dehors n'existe pas encore.
Le détail des notes
Le gain
Ce que le plan rapporte au monde : le CO2 gagné sur l'atmosphère chaque année (évité et retiré), les degrés de réchauffement gagnés, et une solution qui tient dans le temps.
Environ 0,33 Gt de CO2 par an au régime de 2050, 2,5 Gt cumulées, soit 22 jours gagnés sur l'horloge du budget carbone, pour environ 900 Md€, 350 € la tonne. Le gain vient à 87 % des toits solaires : les algues, cœur du récit, n'en apportent que 1 %.
CO2 par an 4 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.10 Gt de CO2 nettes gagnées par an en moyenne sur l'atmosphère (évité + retiré, cumul de la série jusqu'à 2050).
Température par an 4 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.00005 °C de réchauffement gagnés par an, dérivés du CO2 net par la TCRE (0,45 °C pour 1000 Gt, GIEC AR6) : la même mesure que le CO2, en degrés.
CO2 décarboné 0 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.01 Gt retirées par an en moyenne du stock déjà présent (colonne co2_removed_gt de la série).
Résilience 40 sur 100 Les toits solaires et les mangroves tiennent vingt-cinq ans sans qu'on y touche. Les façades vivantes, elles, réclament un entretien permanent : nettoyage, nutriments, renouvellement des cultures. Une ville qui arrête de payer l'entretien perd sa couche d'algues en une saison.
Le chantier
Ce que ça coûte de le faire : le savoir-faire, l'argent, les matériaux, les bras, les ressources disponibles et le temps avant le premier effet.
Toutes les briques existent séparément : panneaux à microalgues, colonnes urbaines, toits solaires, drones semeurs. Manquent la peinture vivante qui tient vingt ans en façade, la filière qui carbonise et stocke la biomasse récoltée, et les nutriments à l'échelle. Premiers effets vers 2035, régime vers 2050, avec un entretien permanent des façades vivantes à la charge des villes.
Faisabilité technique 55 sur 100 Toutes les briques existent séparément et fonctionnent : panneaux à microalgues, colonnes urbaines, toits solaires, drones semeurs. Ce qui n'est pas démontré, c'est la peinture vivante tenue sur vingt ans, et surtout le devenir du carbone une fois l'algue récoltée.
Coût financier 20 sur 100 Environ 900 Md€ pour 2,5 Gt évitées, soit 350 € la tonne, dans le haut de la fourchette. Le pire est la répartition : les algues prennent 42 % du budget pour 1 % du gain, à près de 4 700 € la tonne.
Coût matériel 30 sur 100 Beaucoup de verre, de gel, de pompes et de silicium pour peu de carbone. Chaque m2 de façade vivante mobilise autant de matière qu'une fenêtre, et il en faudrait des centaines de millions.
Coût humain 45 sur 100 L'installation crée énormément d'emplois locaux et non délocalisables, c'est un vrai atout. Mais l'entretien des façades vivantes est un travail permanent et jamais fini, à la charge des villes.
Disponibilité des ressources 35 sur 100 Le silicium et le verre suivraient. L'azote et le phosphore des algues, non : à cette échelle ils entrent en concurrence directe avec les engrais agricoles, et le phosphore est une ressource finie.
Coût en temps 45 sur 100 Premiers effets mesurables vers 2035, régime autour de 2050 : c'est la vitesse d'un programme de rénovation urbaine, ni rapide ni désespérant. Ton texte annonce vingt ans, le chiffrage le confirme.
Le monde
Ce que ça implique pour les gens et les pays : industrialiser sans abîmer, être adopté, améliorer la société, faire coopérer les États, sauver des vies.
Chaque ville peut se lancer seule, sans traité ni voisin : c'est la grande force du plan, et des immeubles verts qui rafraîchissent la rue se font accepter facilement. Le point dur est Gaïa : une intelligence qui déclenche seule des largages de drones au-dessus d'un territoire, aucun État ne l'acceptera sans accord préalable. Et dans les villes sèches, l'eau des algues concurrence l'eau potable.
Industrialisation 40 sur 100 Les toits solaires sont industrialisés depuis longtemps et passent à l'échelle sans difficulté. Les façades vivantes, non : chaque bâtiment est un cas particulier, ce qui est précisément ce qui bloque le passage du démonstrateur à la ville entière.
Adoption publique 70 sur 100 Des immeubles verts qui produisent leur électricité et rafraîchissent la rue, les gens en veulent. C'est visible, c'est beau, ça se montre. La facture d'entretien pour la collectivité sera la seule vraie discussion.
Impact sur la société 70 sur 100 Des villes plus fraîches, plus vertes, moins bruyantes, avec des emplois locaux à la clé. Le plan améliore la vie quotidienne même quand son bilan carbone déçoit, et ça compte.
Impact géopolitique 50 sur 100 Chaque ville peut se lancer seule, sans traité ni voisin : c'est une force rare. Le point de friction est Gaïa, une intelligence qui déclencherait seule des largages au-dessus d'un territoire, ce qu'aucun État n'accepterait sans accord préalable.
Nombre de pays concernés 50 sur 100 Calculé par la plateforme : pays non renseignés, critère neutre (0,5).
Impact sanitaire et vies humaines 65 sur 100 Moins d'îlots de chaleur, donc moins de morts pendant les canicules, et des rues plus respirables. L'oxygène rendu par les algues est marginal à l'échelle d'une ville, mais l'ombre et la fraîcheur, elles, sauvent vraiment des vies.
Empreinte écologique 45 sur 100 Fabriquer le verre, les pompes et les panneaux coûte du carbone et de l'eau, et les algues en consomment en continu. Dans une ville sèche, cette eau entre en concurrence avec l'eau potable, ce qui rendrait la couche vivante intenable.