Un plan pour sauver le monde · publié le 11 août 2026 · concerne États-Unis, Chine, Irlande, Pays-Bas, Singapour, Allemagne, France, Japon, Inde, Royaume-Uni, Suède, Canada
Le numérique à la diète
On garde les services numériques qui comptent, on freine les fermes de serveurs de l'IA, et on fait durer les appareils au lieu de les remplacer.
Les ordinateurs qui font tourner internet et l'intelligence artificielle vivent dans d'immenses hangars remplis de serveurs. Ils avalent beaucoup d'électricité, et beaucoup d'eau pour se refroidir. Ce plan propose de freiner la construction de ces hangars, de garder d'abord le numérique vraiment utile (les hôpitaux, les transports, la sécurité, la recherche), d'écrire des logiciels plus légers, de ranger le stockage inutile et de garder nos téléphones et nos ordinateurs bien plus longtemps. Le numérique reste, il consomme moins.
Le bilan officiel
Score293 sur 1000
Jours gagnés sur la deadline31
CO2 gagné sur l'atmosphère d'ici 2050-3,5 Gt
Coût total d'ici 2050114 milliards d'euros
ESQUISSÉ
Le plan vise juste : le gisement est dans les hangars qu'on n'a pas encore construits et dans les téléphones qu'on n'a pas encore fabriqués, pas dans le canapé. Il gagne 0,19 GtCO2 par an à maturité pour 32 € la tonne, et il bute sur un mur diplomatique : freiner seul, c'est exporter ses serveurs.
Utilité
Ne plus envoyer de CO2On évite le CO2 des hangars de serveurs qu'on ne construit pas et des téléphones qu'on ne fabrique pas.
Nettoyer nos poisonsGarder les appareils plus longtemps, c'est moins de métaux à extraire et moins de déchets électroniques à la fin.
Le blueprint du plan
Ce plan porte un blueprint : la planche technique dessinée pendant la modération, qui montre d'un coup d'oeil comment il fonctionne. Elle se lit sur la fiche, dans son onglet.
Pourquoi ça peut marcher
Le gisement est dans le bétonFreiner 40 % de la croissance des data centers évite 354 TWh par an en 2035, soit 0,11 GtCO2, sans éteindre un seul serveur déjà branché.
Faire durer bat tous les gestesEnviron 80 % de l'empreinte d'un téléphone est déjà faite avant la première seconde d'usage : passer de 2,5 à 4 ans de vie vaut 0,05 GtCO2 par an.
Trente-deux euros la tonne114 Md€ publics cumulés pour 3,5 Gt évitées : moins cher que le quota carbone européen, dix fois moins que la capture directe dans l'air.
Les instruments existent déjàMoratoires de raccordement, indice de réparabilité, droit à la réparation, référentiels d'écoconception : le plan assemble des outils en service, il n'invente rien.
Ce qui fait mal
Freiner seul, c'est exporterUn pays qui bride ses raccordements pendant que les autres courent ne réduit rien : les serveurs partent ailleurs, parfois sur une électricité plus carbonée.
Personne ne sait définir essentielHôpitaux et transports font consensus. Un jeu, un réseau social, un assistant scolaire, non : aucune administration au monde n'a de définition qui tienne.
Le streaming trompe l'intuitionUne heure de vidéo pèse de l'ordre de 50 grammes de CO2, un kilomètre en voiture : demander à des milliards de gens d'en regarder moins rapporte peu et coûte cher en acceptabilité.
Le gain fond avec le réseauLes mêmes térawattheures évités valent 0,30 tCO2 par MWh en 2035 et moitié moins en 2050 : le plan perd la moitié de sa valeur climat en quinze ans.
Le détail des notes
Le gain
Ce que le plan rapporte au monde : le CO2 gagné sur l'atmosphère chaque année (évité et retiré), les degrés de réchauffement gagnés, et une solution qui tient dans le temps.
Environ 0,19 GtCO2 évitée par an à maturité, 3,5 Gt cumulées d'ici 2050, et zéro tonne retirée du stock. Le gain s'érode tout seul quand le réseau électrique se décarbone : c'est un plan de la décennie qui vient.
CO2 par an 6 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.14 Gt de CO2 nettes gagnées par an en moyenne sur l'atmosphère (évité + retiré, cumul de la série jusqu'à 2050).
Température par an 6 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.00006 °C de réchauffement gagnés par an, dérivés du CO2 net par la TCRE (0,45 °C pour 1000 Gt, GIEC AR6) : la même mesure que le CO2, en degrés.
CO2 décarboné 0 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.00 Gt retirées par an en moyenne du stock déjà présent (colonne co2_removed_gt de la série).
Résilience 42 sur 100 Rien à entretenir, donc rien qui casse. Mais le plan rame contre le courant économique le plus fort de la décennie, et son gain s'érode tout seul à mesure que l'électricité se décarbone.
Le chantier
Ce que ça coûte de le faire : le savoir-faire, l'argent, les matériaux, les bras, les ressources disponibles et le temps avant le premier effet.
Presque rien à construire : trois règles, un contrôle, une filière de réparation. 1 à 6 Md€ par an d'argent public, soit 32 € la tonne évitée, et les premiers effets en deux à trois ans.
Faisabilité technique 68 sur 100 Aucune technologie à inventer : les moratoires de raccordement, l'indice de réparabilité et les référentiels d'écoconception existent déjà. Le point dur est de mesurer un service numérique, pas de le brider.
Coût financier 80 sur 100 1 à 6 Md€ par an de dépense publique et 32 € la tonne évitée : c'est moins cher que le quota carbone européen. Le vrai coût est ailleurs, dans les investissements industriels qu'on ne fait pas.
Coût matériel 95 sur 100 Le plan ne consomme presque aucune matière : c'est un plan de construction évitée, de béton non coulé et de métaux non extraits.
Coût humain 62 sur 100 Il faut des inspecteurs, des rédacteurs de normes et surtout une filière de réparation qui n'existe pas à cette échelle. En face, la réparation crée des emplois locaux.
Disponibilité des ressources 85 sur 100 Rien de rare n'est nécessaire. La seule ressource qui manque vraiment, ce sont les pièces détachées et les techniciens capables de faire durer un parc mondial.
Coût en temps 72 sur 100 Une règle de raccordement mord en deux à trois ans, le temps qu'un projet de data center meure sur le papier. Les premières tonnes tombent dès 2028.
Le monde
Ce que ça implique pour les gens et les pays : industrialiser sans abîmer, être adopté, améliorer la société, faire coopérer les États, sauver des vies.
Douze pays d'accueil doivent bouger ensemble, sinon les serveurs déménagent. Les ménages y gagnent des appareils qui durent, mais décider ce qui est numériquement essentiel donne à un État un pouvoir inédit.
Industrialisation 60 sur 100 Le dispositif se copie pays par pays sans usine ni chaîne d'approvisionnement. Il n'a en revanche aucun levier unique : trois administrations différentes doivent bouger ensemble.
Adoption publique 40 sur 100 Garder son téléphone plus longtemps est populaire. Regarder moins de vidéos et brider l'intelligence artificielle ne l'est pas du tout, et l'industrie défend chaque hangar.
Impact sur la société 45 sur 100 Les ménages économisent en gardant leurs appareils. Mais trier le numérique entre essentiel et superflu donne à un État un pouvoir de tri sur des services que les gens aiment.
Impact géopolitique 20 sur 100 C'est le mur du plan. Les serveurs d'intelligence artificielle sont devenus un enjeu de puissance : freiner seul n'efface pas la pollution, ça l'envoie chez le voisin, souvent sur une électricité plus sale.
Nombre de pays concernés 36 sur 100 Calculé par la plateforme : 12 pays concernés déclarés (1 pays = note maximale, 50 et plus = 0, rampe logarithmique).
Impact sanitaire et vies humaines 55 sur 100 Moins de déchets électroniques, moins d'eau prélevée pour refroidir dans des régions déjà sèches, et moins de pollution minière en amont des puces.
Empreinte écologique 90 sur 100 Le plan n'abîme rien par lui-même : il évite du sol artificialisé, de l'eau de refroidissement, des métaux et des déchets. Son empreinte propre est celle du papier des règlements.