Un plan pour sauver le monde · publié le 17 août 2026
Carbon Vault
Enfouir pour des millénaires le carbone de nos déchets organiques, là où l'industrie du forage savait déjà creuser et surveiller.
Nos déchets végétaux contiennent du carbone que les plantes ont pris dans l'air. Au lieu de les laisser pourrir et relâcher ce carbone, on le prépare et on l'enfouit très profond, dans des roches solides et surveillées, pour qu'il y reste des milliers d'années. On installe ces sites juste à côté des centres de déchets, avec les métiers du forage.
Le bilan officiel
Score282 sur 1000
Jours gagnés sur la deadline22
CO2 gagné sur l'atmosphère d'ici 2050-2,5 Gt
Coût total d'ici 2050308 milliards d'euros
PREMIER TRACÉ
Un plan sérieux qui vise juste : il s'attaque à la permanence, le vrai point faible des forêts, et réutilise des métiers et des machines qui existent déjà. Sa force est la durabilité du stockage, sa faiblesse la confiance qu'on peut accorder à la mesure du carbone réellement retiré. La cible de 2 gigatonnes par an est optimiste ; même à 0,6, l'effet reste modeste mais réel, durable, et déployable pays par pays.
Utilité
Retirer le CO2On retire du CO2 déjà présent dans l'air en enfouissant pour des millénaires le carbone que les plantes avaient capté.
Le blueprint du plan
Ce plan porte un blueprint : la planche technique dessinée pendant la modération, qui montre d'un coup d'oeil comment il fonctionne. Elle se lit sur la fiche, dans son onglet.
Pourquoi ça peut marcher
Un carbone qui ne rebrûle pasContrairement à une forêt qui peut brûler ou mourir, le carbone enfoui dans une roche profonde scellée y reste des milliers d'années : la permanence est le vrai atout de ce plan.
Aucune nouvelle terre mobiliséeLe plan n'utilise que des déchets déjà produits, sans planter ni raser quoi que ce soit, ce qui évite la concurrence avec l'agriculture et les forêts.
Les métiers du pétrole reconvertisForage, injection, surveillance de sous-sol : les compétences de l'industrie fossile sont réutilisées en sens inverse, pour redescendre du carbone au lieu d'en remonter.
Déployable sans accord mondialChaque pays peut installer ses propres Carbon Vaults selon un standard commun de mesure : la réussite ne dépend plus d'un traité planétaire signé par tous en même temps.
Ce qui fait mal
Tout repose sur la mesurePayer un retrait « permanent » suppose de mesurer précisément le carbone réellement stocké et de garantir qu'il ne remonte pas : sans une certification solide, on paierait des tonnes fantômes.
L'objectif de 2 Gt est optimisteLe secteur en est aux pilotes, quelques dizaines de milliers de tonnes ; viser 2 milliards de tonnes par an en 2050 suppose un déploiement industriel jamais vu, d'où la trajectoire prudente retenue à 0,6.
Le sous-sol fait peurLe stockage souterrain profond a déjà fait échouer des projets de captage de CO2 face à l'opposition des riverains : chaque site peut se bloquer localement.
La biomasse est déjà convoitéeCompost, bioénergie, biochar veulent les mêmes résidus : la part de déchets réellement disponible pour l'enfouissement est plus mince qu'il n'y paraît.
Le détail des notes
Le gain
Ce que le plan rapporte au monde : le CO2 gagné sur l'atmosphère chaque année (évité et retiré), les degrés de réchauffement gagnés, et une solution qui tient dans le temps.
Le gain est du retrait durable, pas de l'évitement : quelques dixièmes de gigatonne par an en 2050, loin des 2 annoncés, mais un carbone qui reste sous terre des millénaires au lieu de repartir dans l'air en pourrissant.
CO2 par an 4 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.10 Gt de CO2 nettes gagnées par an en moyenne sur l'atmosphère (évité + retiré, cumul de la série jusqu'à 2050).
Température par an 4 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.00005 °C de réchauffement gagnés par an, dérivés du CO2 net par la TCRE (0,45 °C pour 1000 Gt, GIEC AR6) : la même mesure que le CO2, en degrés.
CO2 décarboné 7 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.10 Gt retirées par an en moyenne du stock déjà présent (colonne co2_removed_gt de la série).
Résilience 75 sur 100 Le stockage géologique est très durable, des milliers d'années, et ne brûle pas comme une forêt : le gain, une fois acquis, résiste bien mieux qu'un puits biologique.
Le chantier
Ce que ça coûte de le faire : le savoir-faire, l'argent, les matériaux, les bras, les ressources disponibles et le temps avant le premier effet.
Toutes les briques existent séparément (déchet, forage, pétrole), mais les assembler jusqu'à la gigatonne et prouver la permanence du carbone stocké reste à faire ; le coût, 70 à 100 euros la tonne, est un milieu de gamme du retrait.
Faisabilité technique 50 sur 100 Les métiers du déchet, du forage et du pétrole existent, mais la préparation du carbone et son stockage permanent à l'échelle de la gigatonne n'ont jamais été démontrés.
Coût financier 50 sur 100 À 70 à 100 euros la tonne visés, le retrait reste cher mais bien moins que la capture directe dans l'air : un coût de milieu de gamme pour du retrait permanent.
Coût matériel 60 sur 100 Le plan réutilise des foreuses, des pipelines et des sites de traitement existants plutôt que d'en fabriquer de neufs, ce qui limite les besoins en matériaux.
Coût humain 80 sur 100 Aucune population déplacée, aucun risque hors des normes industrielles habituelles, et le plan reconvertit des emplois du forage et du déchet déjà en place.
Disponibilité des ressources 60 sur 100 Le gisement de déchets organiques est immense et déjà produit, mais il est disputé par le compost, la bioénergie et le biochar, ce qui réduit la part réellement mobilisable.
Coût en temps 45 sur 100 La montée en charge est lente : permis, forages et certification prennent des années, et l'essentiel de l'effet n'arrive qu'après 2045.
Le monde
Ce que ça implique pour les gens et les pays : industrialiser sans abîmer, être adopté, améliorer la société, faire coopérer les États, sauver des vies.
Là, ça se tient plutôt bien : chaque pays agit seul, sans accord mondial, et le plan crée de l'emploi local ; le point sensible reste l'acceptation du stockage souterrain et la confiance dans la mesure du carbone.
Industrialisation 65 sur 100 Les unités sont modulaires, décentralisées et posées près des centres de déchets, ce qui les rend reproductibles pays par pays selon un standard commun.
Adoption publique 50 sur 100 Le stockage souterrain profond suscite souvent l'opposition locale, comme l'ont connu des projets de stockage de CO2, mais l'emploi créé sur place aide à l'accepter.
Impact sur la société 65 sur 100 Le plan crée une industrie locale, reconvertit des métiers fossiles et traite au passage des déchets organiques qui posent aujourd'hui problème.
Impact géopolitique 70 sur 100 Chaque pays peut agir seul, sans attendre un accord mondial : la réussite ne dépend plus de dizaines de gouvernements alignés en même temps.
Nombre de pays concernés 50 sur 100 Calculé par la plateforme : pays non renseignés, critère neutre (0,5).
Impact sanitaire et vies humaines 60 sur 100 Détourner des déchets organiques qui pourrissent réduit certaines nuisances locales ; les sites de stockage demandent en retour une surveillance sérieuse.
Empreinte écologique 60 sur 100 Aucune nouvelle terre agricole ni forêt mobilisée, mais le forage, le transport et la préparation gardent une empreinte non nulle à surveiller.