Un plan pour sauver le monde · publié le 26 juillet 2026
Un barrage sur Gibraltar
On ferme le détroit de Gibraltar avec un mur géant : la mer baisse au soleil, et l’océan qui retombe fait tourner des turbines. Une idée centenaire.
Entre l'Espagne et le Maroc, la mer passe par une porte de 14 km : le détroit de Gibraltar. L'idée, c'est de fermer cette porte avec un mur géant. La Méditerranée perd beaucoup d'eau au soleil, alors sans l'océan pour la remplir, elle baisse doucement. Au bout de vingt ans, l'eau de l'Atlantique tombe de 15 mètres en traversant le mur, et cette chute fait tourner des turbines, comme un barrage de montagne. Ça fabriquerait autant de courant que 5 gros réacteurs nucléaires, sans fumée. Mais on a fait les calculs : ça éviterait très peu de CO2, très tard, pour 300 à 550 milliards d'euros. Et baisser la mer abîmerait les ports, les plages et les poissons de 21 pays. Une idée géniale sur le papier ? Viens voir pourquoi elle se cogne au mur.
Le bilan officiel
Score218 sur 1000
CO2 gagné sur l'atmosphère d'ici 2050-0,0 Gt
Coût total d'ici 2050276 milliards d'euros
UNE ÉBAUCHE
Le mur est constructible et sa centrale serait la plus puissante d'Europe, mais le climat n'y gagne presque rien : 30 Mt par an au mieux, à partir de 2070, pour 300 à 550 milliards et une Méditerranée salée, abaissée et coupée du monde. Comme plan climat, c'est un non honnête : zéro jour gagné sur l'horloge d'ici 2050. Comme bouclier contre la montée des océans au siècle prochain, la même idée mérite de rester dans un tiroir, pas à la poubelle.
Utilité
Tenir le chocUn mur en travers du détroit tient la Méditerranée à un niveau choisi : c'est la seule chose que ce plan sait vraiment faire pour les côtes de 21 pays.
Ne plus envoyer de CO2Le mur fabrique de l'électricité sans fumée, mais très peu et pas avant 2070 : rien avant 2050, donc zéro jour gagné sur l'horloge.
Le blueprint du plan
Ce plan porte un blueprint : la planche technique dessinée pendant la modération, qui montre d'un coup d'oeil comment il fonctionne. Elle se lit sur la fiche, dans son onglet.
Pourquoi ça peut marcher
La turbine, on sait déjà la faireL'usine marémotrice de la Rance tourne depuis 1966 sur le même principe de chute d'eau captée : le mur produirait 64 TWh par an, autant que cinq réacteurs nucléaires, sans rien inventer sur le plan technique.
Le mur pourrait un jour sauver les côtes plutôt que le climatRéglé pour tenir la Méditerranée à son niveau actuel pendant que les océans montent, le même ouvrage protégerait les côtes de vingt et un pays d'un coup, une idée déjà proposée pour la mer du Nord en 2020 (projet NEED).
Rien ne manque sous terre pour le construireRoche, béton et acier existent en abondance et les carrières d'Andalousie et du Rif sont juste à côté du chantier : ce n'est pas un plan qui bute sur une pénurie de matière.
Ce qui fait mal
Très peu, très tardLe premier vrai CO2 évité n'arrive que vers 2070, une fois la mer descendue de quinze mètres : pour l'horloge climat d'ici 2050, ce plan gagne zéro jour.
Vingt et un pays devraient signerLa fermeture de la mer touche les ports, les plages et la pêche de tout le pourtour méditerranéen : un seul veto, et le projet s'arrête net.
Une mer qu'on ferme change pour toujoursPrivée de l'Atlantique, la Méditerranée deviendrait de plus en plus salée et les côtes découvertes mourraient, sans aucun bouton retour possible.
Le commerce mondial passe par ce détroitTrois cents navires par jour franchissent Gibraltar, et une mer quinze mètres plus basse couperait aussi le canal de Suez et le Bosphore du même coup.
Le détail des notes
Le gain
Ce que le plan rapporte au monde : le CO2 gagné sur l'atmosphère chaque année (évité et retiré), les degrés de réchauffement gagnés, et une solution qui tient dans le temps.
Le gain climatique est presque nul : 30 Mt de CO2 évitées par an à partir de 2070 seulement, soit 0,07 % des émissions mondiales et zéro jour gagné sur l'horloge d'ici 2050.
CO2 par an 0 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.00 Gt de CO2 nettes gagnées par an en moyenne sur l'atmosphère (évité + retiré, cumul de la série jusqu'à 2050).
Température par an 0 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.00000 °C de réchauffement gagnés par an, dérivés du CO2 net par la TCRE (0,45 °C pour 1000 Gt, GIEC AR6) : la même mesure que le CO2, en degrés.
CO2 décarboné 0 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.00 Gt retirées par an en moyenne du stock déjà présent (colonne co2_removed_gt de la série).
Résilience 16 sur 100 Maîtrise des risques : Une mer qui devient plus salée chaque siècle, une faille sismique majeure sous le mur et aucun retour en arrière possible : les plus gros risques sont subis, pas gérés. Résilience aux aléas : Tout repose sur un seul ouvrage posé près d'une zone sismique : un séisme, un conflit ou un retrait d'État, et le projet entier est orphelin.
Le chantier
Ce que ça coûte de le faire : le savoir-faire, l'argent, les matériaux, les bras, les ressources disponibles et le temps avant le premier effet.
Techniquement le mur tient debout, comme la Rance depuis 1966, mais il faut vingt ans de chantier puis vingt ans d'attente que la mer baisse avant la première turbine, pour 300 à 550 milliards d'euros.
Faisabilité technique 40 sur 100 Viabilité d'ensemble : Le calcul d'énergie tient debout, chiffres à l'appui, mais le plan entier repose sur une mer fermée que personne n'a acceptée : cohérent sur le papier, bancal dans le monde réel. Faisabilité physique et technique : La physique est réelle, l'évaporation fait le travail : le défi est de fermer les derniers kilomètres par 300 m de fond dans un courant puissant, à la limite de ce que le génie civil sait faire.
Coût financier 25 sur 100 300 à 550 milliards chiffrés honnêtement, mais la tonne de CO2 évitée ressort à 250 à 450 euros : deux à quatre fois le prix des politiques climat sérieuses.
Coût matériel 40 sur 100 Six milliards de tonnes de roche, l'équivalent de mille pyramides : la planète peut les fournir, la région en sortirait défigurée.
Coût humain 55 sur 100 Les grands groupes de travaux maritimes savent faire et les bras existent : le vrai goulot est la flotte mondiale de navires de dragage, déjà très demandée.
Disponibilité des ressources 70 sur 100 Des rochers, du béton et de l'acier : rien de rare sur Terre, et les carrières d'Andalousie et du Rif sont à côté du chantier.
Coût en temps 5 sur 100 Vingt ans de chantier, puis vingt ans de baisse de la mer : le premier vrai CO2 évité arrive vers 2070, bien trop tard pour l'horloge.
Le monde
Ce que ça implique pour les gens et les pays : industrialiser sans abîmer, être adopté, améliorer la société, faire coopérer les États, sauver des vies.
Vingt et un pays riverains devraient signer la fermeture de leur mer, ports, plages et pêcheurs en première ligne : le veto d'un seul suffit à arrêter le projet.
Industrialisation 22 sur 100 Maturité technologique : Turbines, écluses et digues marines existent déjà, mais personne n'a jamais fermé un bras de mer de 300 m de profondeur : la brique décisive reste à inventer. Passage à l'échelle : Il n'existe qu'un détroit de Gibraltar : ce plan ne se recopie nulle part, son effet ne grandira jamais.
Adoption publique 10 sur 100 Baisser la mer de 15 mètres assèche des ports, des plages et des lagunes de Barcelone à Alexandrie : le rejet des riverains serait massif et légitime.
Impact sur la société 50 sur 100 Converti de l'ancienne grille, à réévaluer à la prochaine modération.
Impact géopolitique 8 sur 100 Il faudrait le oui des 21 pays riverains, de l'Espagne au Maroc, plus celui de tout le commerce mondial qui passe par le détroit : un veto est à peu près garanti.
Nombre de pays concernés 50 sur 100 Calculé par la plateforme : pays non renseignés, critère neutre (0,5).
Impact sanitaire et vies humaines 55 sur 100 Le vrai trésor caché : le même mur, réglé pour tenir le niveau actuel, pourrait un jour protéger les côtes méditerranéennes de la montée des océans.
Empreinte écologique 50 sur 100 Converti de l'ancienne grille, à réévaluer à la prochaine modération.