Un plan pour sauver le monde · publié le 26 juillet 2026
L'ombrelle spatiale au point de Lagrange
Un parasol de voiles minuscules tendu entre le Soleil et la Terre : la planète chauffe moins, mais le carbone reste dans l'air. Un répit, pas un remède.
Le Soleil chauffe la Terre, et le CO2 que l'on rejette garde cette chaleur, comme une couverture trop épaisse. Alors voilà l'idée. On envoie des milliers de milliards de petites voiles très légères dans l'espace, à 1,5 million de km de la Terre. Là-bas, il existe un endroit spécial, le point de Lagrange, où elles restent en équilibre entre le Soleil et la Terre. Ensemble, elles forment une ombrelle géante qui cache une toute petite part du Soleil : 1,8 %. La Terre chauffe moins, comme sous un parasol. Ça masquerait environ 1,5 °C de réchauffement. Mais attention : le CO2 reste dans l'air, et les océans continuent de s'abîmer. Et si on arrête d'entretenir l'ombrelle, la chaleur revient d'un coup. Ça coûterait environ 2 500 milliards d'euros d'ici 2050. Fou ? Oui. On a fait les calculs, viens les regarder.
Le bilan officiel
Score259 sur 1000
Jours gagnés sur la deadline40
CO2 gagné sur l'atmosphère d'ici 2050-4,6 Gt
Coût total d'ici 20502 539 milliards d'euros
DÉJÀ DÉROULÉ
L’ombrelle refroidit vraiment la planète, environ 1,5 °C masqué pour 2 500 Md€ d’ici 2050, et la physique tient debout. Mais elle ne retire pas une tonne de CO2 de l’air : les océans continuent de s’acidifier, l’horloge du budget carbone ne recule presque pas, et il faut entretenir l’essaim pour toujours sous peine de choc thermique en retour. Une roue de secours à étudier sérieusement, pas un plan principal.
Utilité
Refroidir la planèteUn parasol géant dans l'espace cache un tout petit bout du soleil, et la Terre chauffe moins tout de suite.
Le blueprint du plan
Ce plan porte un blueprint : la planche technique dessinée pendant la modération, qui montre d'un coup d'oeil comment il fonctionne. Elle se lit sur la fiche, dans son onglet.
Pourquoi ça peut marcher
La physique est solide et non contestéeLe chiffrage de référence vient de Roger Angel, publié dans PNAS en 2006 et jamais contesté sur la physique : cette ombre compense à peu près le forçage qu'apporterait un doublement du CO2 dans l'air.
Des voiles solaires ont déjà voléIKAROS, lancé par l'agence spatiale japonaise en 2010, et LightSail 2, lancé par la Planetary Society en 2019, ont prouvé qu'une voile ultralégère se déploie et navigue vraiment dans l'espace.
Le dispositif est réglable, pas tout ou rienSi on refroidit trop, on replie des voiles : aucune autre action climatique de cette échelle n'a un bouton de réglage aussi direct sur l'effet obtenu.
L'essaim encaisse les pannes individuellesUne voile sur dix en panne, et l'ombre ne perd que 0,2 point de pourcentage : avec des milliers de milliards de petits objets, le dispositif pardonne les défaillances isolées.
Ce qui fait mal
Tout reste à inventerLanceurs électromagnétiques, usines à voiles en orbite, essaim autonome capable de se piloter seul : aucune de ces machines n'existe aujourd'hui, même à l'état de prototype.
Personne ne sait qui tiendrait le thermostatRégler l'ombrelle qui refroidit toute la planète pose une question de gouvernance sans réponse : personne ne sait qui aurait le droit légitime de décider du réglage.
Un arrêt brutal ferait revenir le choc d'un coupSi l'entretien de l'essaim s'arrête, le réchauffement masqué revient en une dizaine d'années à peine, un choc de terminaison bien plus rapide que le réchauffement qu'il masquait.
Le prix est vertigineux pour peu de jours gagnés2 500 milliards d'euros pour gagner 40 jours sur l'horloge, quand le problème du budget carbone se compte en années entières restantes.
Le détail des notes
Le gain
Ce que le plan rapporte au monde : le CO2 gagné sur l'atmosphère chaque année (évité et retiré), les degrés de réchauffement gagnés, et une solution qui tient dans le temps.
L'ombrelle refroidit vraiment la planète, environ 1,5 degré masqué d'ici 2050, mais elle ne retire pas une seule tonne de CO2 de l'air : les océans continuent de s'acidifier pendant que le thermomètre baisse.
CO2 par an 7 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.18 Gt de CO2 nettes gagnées par an en moyenne sur l'atmosphère (évité + retiré, cumul de la série jusqu'à 2050).
Température par an 7 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.00008 °C de réchauffement gagnés par an, dérivés du CO2 net par la TCRE (0,45 °C pour 1000 Gt, GIEC AR6) : la même mesure que le CO2, en degrés.
CO2 décarboné 0 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.00 Gt retirées par an en moyenne du stock déjà présent (colonne co2_removed_gt de la série).
Résilience 19 sur 100 Maîtrise des risques : Deux risques majeurs restent sans réponse : si l’entretien s’arrête la chaleur revient en une décennie, et les océans continuent de s’acidifier pendant tout ce temps. Résilience aux aléas : L’ombrelle exige un entretien permanent : une crise, une guerre ou une faillite qui stoppe les tirs, et l’effet s’efface en quelques années.
Le chantier
Ce que ça coûte de le faire : le savoir-faire, l'argent, les matériaux, les bras, les ressources disponibles et le temps avant le premier effet.
Presque tout reste à inventer, lanceurs électromagnétiques, usines à voiles, essaim autonome, pour environ 2 500 milliards d'euros d'ici 2050, et rien avant quinze ans de construction.
Faisabilité technique 45 sur 100 Viabilité d'ensemble : L’idée est étudiée sérieusement depuis 2006, chiffres à l’appui, mais tout le plan repose sur des machines qui n’existent pas encore et il ne s’attaque pas à la cause du problème. Faisabilité physique et technique : La physique est de notre côté : le point L1 existe et une ombre de 1,8 % refroidit bien la planète, mais piloter des milliers de milliards de voiles reste un défi d’ingénierie extrême.
Coût financier 28 sur 100 Environ 2 500 milliards d’euros d’ici 2050, un chiffre plausible sur le papier mais qui suppose de diviser par 30 le coût d’envoi d’un kilo dans l’espace.
Coût matériel 60 sur 100 Le plan est étonnamment sobre pour sa taille : des films ultraminces, pas de terres rares en masse, mais beaucoup d’énergie pour les tirs.
Coût humain 45 sur 100 Les compétences existent dans l’aérospatial et les semi-conducteurs, mais il faudrait une filière industrielle spatiale dix fois plus grosse qu’aujourd’hui.
Disponibilité des ressources 68 sur 100 20 millions de tonnes de matériaux, c’est beaucoup, mais la Terre en produit largement assez : c’est l’équivalent de 4 jours de production mondiale d’acier.
Coût en temps 15 sur 100 Rien avant quinze ans de construction, un effet net vers 2045 seulement, et presque aucun CO2 évité d’ici 2050 : l’horloge du budget carbone ne recule presque pas.
Le monde
Ce que ça implique pour les gens et les pays : industrialiser sans abîmer, être adopté, améliorer la société, faire coopérer les États, sauver des vies.
Régler le thermostat de la planète entière demande un accord mondial qui n'existe pas : un seul grand pays mécontent de ses nouvelles pluies suffirait à faire dérailler la gouvernance du dispositif.
Industrialisation 35 sur 100 Maturité technologique : Presque tout reste à inventer : les lanceurs électromagnétiques, les usines à voiles et l’essaim autonome n’ont jamais été construits, seules deux petites voiles solaires ont volé. Passage à l'échelle : Une fois le lanceur au point, on agrandit l’ombrelle voile par voile et on peut même la régler : l’effet grandit avec la surface déployée.
Adoption publique 25 sur 100 Voiler le Soleil fait peur, et pas sans raison : beaucoup y verront le droit de toucher au ciel de tous, sans l’accord de tous.
Impact sur la société 50 sur 100 Converti de l'ancienne grille, à réévaluer à la prochaine modération.
Impact géopolitique 22 sur 100 Régler le thermostat de la planète entière demande un accord mondial qui n’existe pas : un seul grand pays mécontent de ses nouvelles pluies peut tout bloquer.
Nombre de pays concernés 50 sur 100 Calculé par la plateforme : pays non renseignés, critère neutre (0,5).
Impact sanitaire et vies humaines 25 sur 100 Presque aucun bénéfice en dehors du climat : pas d’air plus propre ni d’énergie en plus, juste une industrie spatiale géante en héritage.
Empreinte écologique 50 sur 100 Converti de l'ancienne grille, à réévaluer à la prochaine modération.