Un plan pour sauver le monde · publié le 18 août 2026 · concerne Chine
Le plan « un seul pays »
Le plus gros brûleur de charbon fabrique aussi presque tous les panneaux solaires de la planète. Et s'il éteignait son feu pour vendre le remède à tous ?
Un seul pays fabrique déjà presque tous les panneaux solaires et les batteries du monde, et c'est aussi celui qui brûle le plus de charbon. L'idée est simple : il arrête de brûler, il se couvre de solaire, d'éoliennes et de batteries, puis il vend le reste au prix coûtant aux pays les plus pauvres. Comme ça, personne n'a besoin de signer un traité. Un pays décide, l'énergie propre devient moins chère que le charbon partout, et plus personne n'a de bonne raison d'en construire.
Le bilan officiel
Score516 sur 1000
Jours gagnés sur la deadline209
CO2 gagné sur l'atmosphère d'ici 2050-24,2 Gt
Coût total d'ici 20504 440 milliards d'euros
MÉTHODIQUE
L'intuition est juste et rare : le blocage climatique est d'abord combinatoire, et concentrer la décision sur l'acteur qui tient à la fois l'émission et l'usine le lève. Toutes les briques du levier dominant tournent déjà, à un rythme qui n'a qu'à accélérer. Le mur est double : l'agrégat des six chantiers dépasse la physique d'un seul pays, et la trajectoire entière repose sur une volonté politique unique tenue un quart de siècle, que rien n'oblige. Crédité à son coeur électrique, c'est un plan solide et sobre en coordination.
Utilité
Ne plus envoyer de CO2On éteint le charbon du plus gros pollueur du monde et on le remplace par du solaire et des batteries.
Retirer le CO2On retire un peu du carbone déjà lâché en enfouissant du charbon végétal dans les champs et en plantant des forêts.
Le blueprint du plan
Ce plan porte un blueprint : la planche technique dessinée pendant la modération, qui montre d'un coup d'oeil comment il fonctionne. Elle se lit sur la fiche, dans son onglet.
Pourquoi ça peut marcher
L'usine et le pollueur sont le même paysUn seul acteur réunit la plus grosse source d'émissions et le plus gros outil de fabrication de la solution : c'est la coïncidence qui rend le plan possible sans traité.
De l'air respirable dès jeudi prochainÉteindre le charbon évite plusieurs centaines de milliers de morts prématurées par an, un bénéfice immédiat qui ne dépend pas d'attendre le climat de 2050.
On ne finance pas, on redirigeL'effondrement immobilier chinois libère capitaux, aciéries, grues et ouvriers ; le plan est le débouché de cette capacité orpheline, pas une dépense en plus.
Il retire l'excuse à tout le mondeVendre le solaire à prix coûtant à cent pays rend le charbon plus cher que le renouvelable partout, et détruit l'argument du à quoi bon puisque la Chine ne fait rien.
Ce qui fait mal
Un pari entier sur un seul décideurToute la trajectoire tient à ce qu'un pays maintienne le cap vingt-cinq ans sans traité qui l'oblige : c'est le seul risque non couvert, et il est total.
L'agrégat revendiqué dépasse la physiqueLes dix-huit gigatonnes nettes par an annoncées dépassent les émissions totales du pays ; le bilan ne crédite donc que le levier dominant, de l'ordre de trois gigatonnes.
Un rythme jamais atteintConstruire environ 400 gigawatts de solaire par an suppose d'accélérer d'un tiers au-dessus du record mondial actuel, année après année, pendant deux décennies.
Une dépendance concentréeFaire reposer l'énergie de cent pays sur un fournisseur unique lève l'excuse de l'inaction mais crée un point de fragilité géopolitique nouveau.
Le détail des notes
Le gain
Ce que le plan rapporte au monde : le CO2 gagné sur l'atmosphère chaque année (évité et retiré), les degrés de réchauffement gagnés, et une solution qui tient dans le temps.
Crédité à son levier dominant, le plan gagne de l'ordre de trois gigatonnes nettes par an à maturité, un peu de retrait compris. C'est solide et durable, mais très loin des dix-huit gigatonnes que le texte agrège.
CO2 par an 28 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.97 Gt de CO2 nettes gagnées par an en moyenne sur l'atmosphère (évité + retiré, cumul de la série jusqu'à 2050).
Température par an 28 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.00044 °C de réchauffement gagnés par an, dérivés du CO2 net par la TCRE (0,45 °C pour 1000 Gt, GIEC AR6) : la même mesure que le CO2, en degrés.
CO2 décarboné 7 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.10 Gt retirées par an en moyenne du stock déjà présent (colonne co2_removed_gt de la série).
Résilience 60 sur 100 Un filet est écrit sous chaque fissure et le charbon reste sous cocon jusqu'en 2045, mais tout tient à un seul décideur pendant vingt-cinq ans.
Le chantier
Ce que ça coûte de le faire : le savoir-faire, l'argent, les matériaux, les bras, les ressources disponibles et le temps avant le premier effet.
Rien n'est à inventer sur le coeur du plan, tout tourne déjà dans le pays choisi ; ce qui coûte, c'est le rythme jamais atteint et la facture annuelle colossale, adossée à une bulle immobilière qui libère capitaux et usines.
Faisabilité technique 62 sur 100 Les briques du levier dominant tournent déjà en Chine, mais le rythme visé de solaire dépasse d'un tiers le record mondial actuel.
Coût financier 45 sur 100 De l'ordre de 1 300 milliards par an, c'est énorme en absolu ; l'essentiel est une réaffectation d'investissements déjà réalisés et le solaire vendu se paie.
Coût matériel 62 sur 100 Chimies LFP et sodium-ion sans cobalt ni nickel, métallisation cuivre et sodium tiré du sel de mer : les matériaux critiques sont largement contournés.
Coût humain 58 sur 100 Les provinces charbonnières sont les grandes perdantes, mais un fonds de transition d'environ 600 milliards est prévu pour les reconvertir.
Disponibilité des ressources 65 sur 100 Sodium, silicium et surfaces mortes de déserts, toitures et friches sont disponibles ; le foncier vivant est explicitement évité.
Coût en temps 60 sur 100 Le méthane des mines donne un effet visible sur le thermomètre avant 2035, et le solaire monte vite car la filière existe déjà.
Le monde
Ce que ça implique pour les gens et les pays : industrialiser sans abîmer, être adopté, améliorer la société, faire coopérer les États, sauver des vies.
C'est le point fort et le point faible à la fois : un seul pays à convaincre au lieu de cent quatre-vingt-dix-huit, mais toute la trajectoire suspendue à une volonté politique unique tenue un quart de siècle.
Industrialisation 82 sur 100 Le pays choisi fabrique déjà l'essentiel des modules, cellules et batteries du monde : l'outil industriel est en place, pas à créer.
Adoption publique 60 sur 100 La voiture électrique dépasse déjà la moitié des ventes neuves et les pompes à chaleur y sont fabriquées, mais éteindre le charbon reste un choix imposé.
Impact sur la société 68 sur 100 Un air respirable dès demain, des emplois plus nombreux par unité d'énergie, mais une bascule douloureuse pour les bassins miniers.
Impact géopolitique 55 sur 100 Vendre l'énergie propre à prix coûtant à cent pays retire l'excuse de l'inaction, au prix d'une dépendance accrue à un seul fournisseur.
Nombre de pays concernés 100 sur 100 Calculé par la plateforme : 1 pays concernés déclarés (1 pays = note maximale, 50 et plus = 0, rampe logarithmique).
Impact sanitaire et vies humaines 80 sur 100 Le charbon éteint évite plusieurs centaines de milliers de morts prématurées par an, et le méthane capté fait baisser l'ozone qui abîme poumons et récoltes.
Empreinte écologique 70 sur 100 Recyclage obligatoire des batteries, panneaux sur sols déjà morts et forêts en essences indigènes mélangées : le plan se veut propre pour compter.