Un plan pour sauver le monde · publié le 11 août 2026
La taxe carbone fois dix
Le prix du carbone monte d'un cran que personne n'a osé, pour les entreprises comme pour les habitants, et l'argent revient à ceux qui décarbonent.
Aujourd'hui, envoyer du CO2 dans l'air coûte un peu d'argent aux entreprises et presque rien à nous. Ce plan multiplie ce prix par dix et l'applique aussi aux habitants : tout ce qui pollue devient cher, tout de suite. L'argent récolté ne disparaît pas dans un budget, il revient en bonus à ceux qui font baisser leurs émissions, entreprises comme familles. C'est un bonus-malus géant sur le carbone : plus tu pollues, plus tu paies ; moins tu pollues, plus tu touches.
Le bilan officiel
Score356 sur 1000
Jours gagnés sur la deadline490
CO2 gagné sur l'atmosphère d'ici 2050-56,7 Gt
Coût total d'ici 20508 040 milliards d'euros
MENÉ À TERME
L'instrument est le plus éprouvé du catalogue climatique et l'auteur y ajoute la bonne pièce, le bonus qui rend l'argent. Le facteur onze, lui, transforme un signal en interdiction : 3 GtCO2 évitées par an à maturité, mais un prélèvement d'un tiers de la richesse mondiale qu'il faut redistribuer presque en entier, et un mur social que l'histoire récente a déjà mesuré.
Utilité
Ne plus envoyer de CO2Quand polluer coûte très cher, on brûle beaucoup moins de charbon, de pétrole et de gaz, partout en même temps.
Le blueprint du plan
Ce plan porte un blueprint : la planche technique dessinée pendant la modération, qui montre d'un coup d'oeil comment il fonctionne. Elle se lit sur la fiche, dans son onglet.
Pourquoi ça peut marcher
Le levier le plus large qui soitUn prix touche toute l'économie en même temps, sans choisir de filière : 3 GtCO2 par an à maturité, les émissions de l'Union européenne entière.
La machine existe déjàUne quarantaine de juridictions appliquent un prix du carbone, l'Europe depuis 2005, la Suède depuis 1991 : il n'y a pas de dispositif à inventer, seulement un curseur à monter.
Le bonus sauve l'idéeRendre l'argent à ceux qui décarbonent transforme un impôt en bonus-malus. La Suisse rend déjà les deux tiers de sa taxe CO2 à sa population.
Aucun acier, aucun délaiLe plan ne construit rien : il agit sur les comportements dès la première facture et sur les investissements en trois à cinq ans.
Ce qui fait mal
Un tiers de la richesse mondiale770 € la tonne sur 38,1 Gt font environ 29 000 Md€ par an. Sans redistribution quasi intégrale, aucun plan ne survit à un prélèvement pareil.
La facture tombe sur les plus modestesLa taxe frappe d'abord celui qui se chauffe mal et roule loin. En France, quelques euros la tonne ont suffi à déclencher une crise sociale en 2018.
Seul, un pays s'appauvrit sans rien gagnerSi le prix monte ici et pas ailleurs, les industries lourdes déménagent avec leurs émissions : sans taxe aux frontières, le gain mondial est nul.
Le prix décide, la machine suitUne chaudière, un camion ou un four se remplacent en dix à vingt ans : même un signal brutal ne peut pas aller plus vite que le parc d'équipements.
Le détail des notes
Le gain
Ce que le plan rapporte au monde : le CO2 gagné sur l'atmosphère chaque année (évité et retiré), les degrés de réchauffement gagnés, et une solution qui tient dans le temps.
Environ 3 GtCO2 évitées par an en régime de croisière, 57 Gt cumulées d'ici 2050, sans retirer une tonne du stock déjà présent. C'est le plus gros gain annuel de la galerie, parce qu'un prix touche toute l'économie à la fois.
CO2 par an 49 sur 100 Calculé par la plateforme : 2.27 Gt de CO2 nettes gagnées par an en moyenne sur l'atmosphère (évité + retiré, cumul de la série jusqu'à 2050).
Température par an 49 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.00102 °C de réchauffement gagnés par an, dérivés du CO2 net par la TCRE (0,45 °C pour 1000 Gt, GIEC AR6) : la même mesure que le CO2, en degrés.
CO2 décarboné 0 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.00 Gt retirées par an en moyenne du stock déjà présent (colonne co2_removed_gt de la série).
Résilience 35 sur 100 Rien à entretenir, mais tout à défendre : un prix se vote et se dévote. La France a gelé le sien à 44,6 € la tonne en 2018 après quelques semaines de manifestations, et il n'a plus bougé depuis.
Le chantier
Ce que ça coûte de le faire : le savoir-faire, l'argent, les matériaux, les bras, les ressources disponibles et le temps avant le premier effet.
Il n'y a rien à construire : la perception existe, la redistribution existe, seul le niveau est inédit. La dépense de transformation qu'il déclenche, environ 8 000 Md€ sur 25 ans, revient à 140 € la tonne évitée.
Faisabilité technique 62 sur 100 Percevoir n'est pas le problème : accises, marché de quotas et douanes existent déjà. Le problème est de couvrir les émissions diffuses, l'agriculture et l'économie informelle, qui échappent à toute facture.
Coût financier 50 sur 100 Le plan ne dépense pas, il prélève : environ 29 000 Md€ par an si rien ne bougeait, près d'un tiers de la richesse mondiale. Ce qui coûte vraiment, c'est la transformation qu'il déclenche, environ 140 € la tonne évitée.
Coût matériel 90 sur 100 Un prix ne consomme ni acier ni béton. Les matériaux viennent après, dans les équipements que le signal fait remplacer plus tôt que prévu.
Coût humain 45 sur 100 Les administrations fiscales sont en place, mais verser un bonus mensuel à des milliards de personnes, dont une partie sans compte bancaire, est un chantier humain que personne n'a jamais mené.
Disponibilité des ressources 80 sur 100 Aucune ressource rare n'est nécessaire pour taxer. La ressource qui manque, c'est la capacité industrielle à remplacer chaudières, camions et fours au rythme que le prix exigerait.
Coût en temps 75 sur 100 Un prix agit sur les comportements dès la première facture et sur les investissements en trois à cinq ans. C'est l'un des rares leviers qui ne demande aucun délai de construction.
Le monde
Ce que ça implique pour les gens et les pays : industrialiser sans abîmer, être adopté, améliorer la société, faire coopérer les États, sauver des vies.
C'est là que tout se joue et que tout casse : un prix pareil est illisible socialement sans bonus versé aux ménages, et inapplicable si un seul grand bloc reste dehors.
Industrialisation 60 sur 100 Le dispositif se copie pays par pays, il tourne déjà dans une quarantaine de juridictions. Mais il n'existe aucun mécanisme mondial pour aligner les prix, et la taxe aux frontières est contestée.
Adoption publique 12 sur 100 C'est le mur. Une hausse de quelques euros la tonne a bloqué la France en 2018 ; le plan en propose dix-sept fois plus, appliqué aux ménages, partout à la fois.
Impact sur la société 28 sur 100 Sans redistribution, la taxe frappe d'abord ceux qui n'ont pas le choix de leur chauffage ou de leur trajet. Le bonus proposé par l'auteur corrige beaucoup, à condition d'aller aux ménages et pas seulement aux entreprises.
Impact géopolitique 15 sur 100 Un bloc qui monte seul son prix voit ses industries lourdes partir : c'est la fuite de carbone. Il faut un prix plancher mondial, proposé par le FMI depuis 2021 et jamais signé, ou une taxe aux frontières que plusieurs pays contestent.
Nombre de pays concernés 50 sur 100 Calculé par la plateforme : pays non renseignés, critère neutre (0,5).
Impact sanitaire et vies humaines 80 sur 100 Brûler moins de fossile, c'est beaucoup moins de particules et d'oxydes d'azote dans l'air des villes. Le bénéfice sanitaire arrive avant le bénéfice climatique, et il est massif.
Empreinte écologique 85 sur 100 Le plan n'abîme rien par lui-même. Son seul effet de bord est la course aux métaux qu'une électrification très rapide déclencherait.