Un plan pour sauver le monde · publié le 26 juillet 2026
Payer les forêts pour rester debout
Un arbre debout ne rapporte rien, alors les forêts tombent. On inverse la règle : un salaire à ceux qui les gardent vivantes, sous l’oeil des satellites.
Quand on coupe une forêt, on gagne de l'argent une fois. Quand on la garde, on ne gagne rien. Alors les forêts tombent. On propose de changer la règle. Les pays riches mettent de l'argent dans un grand fonds. Chaque année, ce fonds verse un salaire aux pays et aux habitants qui gardent leurs forêts debout. Des satellites vérifient que les arbres sont toujours là. Si la forêt reste, l'argent arrive. Si elle tombe, il s'arrête. Ça éviterait environ 3 milliards de tonnes de CO2 par an, et ça protégerait aussi les animaux, les rivières et les gens qui vivent dans ces forêts. Ça coûte environ 120 milliards d'euros par an. C'est beaucoup, mais c'est un des moyens les moins chers d'aider le climat. Le vrai défi : il faut payer tous les ans, sans jamais s'arrêter.
Le bilan officiel
Score622 sur 1000
Jours gagnés sur la deadline497
CO2 gagné sur l'atmosphère d'ici 2050-57,5 Gt
Coût total d'ici 20502 421 milliards d'euros
RÉFÉRENCÉ
Le levier le moins cher et le plus rapide du catalogue climatique : rien à inventer, tout à financer. Le mur n'est ni technique ni physique, il est dans la confiance : verser 120 milliards par an pendant 30 ans, sans tricherie sur les hectares et sans marche arrière. Tant que l'argent coule, le carbone reste dans les arbres ; le jour où il s'arrête, la tronçonneuse revient.
Utilité
Ne plus envoyer de CO2On paie pour que les arbres restent debout : le carbone reste dans le bois au lieu de partir en fumée, donc ces tonnes-là ne montent jamais en l'air.
Protéger le vivantUne forêt qu'on garde, c'est une maison pour les animaux, des rivières propres et des gens qui vivent dedans.
Retirer le CO2Une petite partie du programme laisse repousser des forêts abîmées : ces arbres-là, eux, reprennent du CO2 dans l'air.
Le blueprint du plan
Ce plan porte un blueprint : la planche technique dessinée pendant la modération, qui montre d'un coup d'oeil comment il fonctionne. Elle se lit sur la fiche, dans son onglet.
Pourquoi ça peut marcher
Le pionnier existe depuis 1997Le Costa Rica paie ses paysans environ 60 euros par hectare et par an pour garder ou replanter la forêt, et le pays est passé d'un quart à plus de la moitié de couverture forestière depuis.
L'oeil satellite ne cligne pasLes satellites publics repèrent aujourd'hui une coupe de la taille d'un terrain de foot en quelques jours, partout sur Terre : impossible de tricher longtemps sur des arbres.
La preuve de vitesse existe déjàEntre 2004 et 2012, surveillance satellite, sanctions et paiements ont réduit la déforestation amazonienne d'environ 80 % : aucune technologie nouvelle n'a été nécessaire, seulement de la volonté et de l'argent.
Le prix est dérisoire face au reste du monde42 euros la tonne de CO2 évitée fait de ce plan l'un des moins chers qui existent, très loin sous le coût des catastrophes climatiques déjà mesurées ailleurs.
Ce qui fait mal
Ce plan ne s'achète pas, il se loueLe jour où l'argent s'arrête, la tronçonneuse revient : une forêt payée vingt ans peut brûler ou tomber la vingt et unième année, et tout le carbone épargné repart d'un coup.
Les crédits forêt ont déjà massivement trichéEn 2023, une étude publiée dans Science a montré que plus de 90 % des crédits de projets forestiers étudiés ne correspondaient à aucune coupe réellement évitée.
La politique peut changer de cap du jour au lendemainLe Brésil a divisé sa déforestation par cinq, puis l'a vue rebondir de 75 % en trois ans sur un simple changement de cap politique, sans qu'aucun mécanisme financier ne change.
Les fuites mangent une partie de l'effetOn protège une forêt ici, on coupe chez le voisin : sans couverture mondiale du dispositif, jusqu'à un quart de l'effet climatique s'évapore de cette façon.
Le détail des notes
Le gain
Ce que le plan rapporte au monde : le CO2 gagné sur l'atmosphère chaque année (évité et retiré), les degrés de réchauffement gagnés, et une solution qui tient dans le temps.
3 gigatonnes de CO2 évitées par an une fois le plan à pleine vitesse, 7 % de tout ce que le monde émet : c'est un des leviers les plus efficaces du catalogue climatique, à condition de continuer à payer.
CO2 par an 50 sur 100 Calculé par la plateforme : 2.30 Gt de CO2 nettes gagnées par an en moyenne sur l'atmosphère (évité + retiré, cumul de la série jusqu'à 2050).
Température par an 50 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.00103 °C de réchauffement gagnés par an, dérivés du CO2 net par la TCRE (0,45 °C pour 1000 Gt, GIEC AR6) : la même mesure que le CO2, en degrés.
CO2 décarboné 86 sur 100 Calculé par la plateforme : 2.30 Gt retirées par an en moyenne du stock déjà présent (colonne co2_removed_gt de la série).
Résilience 44 sur 100 Maîtrise des risques : Le grand danger est la marche arrière : un incendie, une crise ou un changement de président, et le carbone épargné repart en fumée. Résilience aux aléas : Si un seul grand pays claque la porte ou si le fonds manque une année, des millions d'hectares retombent sous la tronçonneuse.
Le chantier
Ce que ça coûte de le faire : le savoir-faire, l'argent, les matériaux, les bras, les ressources disponibles et le temps avant le premier effet.
Rien à construire, seulement de l'argent à trouver : 42 euros la tonne évitée est un bon prix, mais c'est un loyer sans fin, il faut payer chaque année, pour toujours, sous peine de voir la forêt retomber.
Faisabilité technique 74 sur 100 Viabilité d'ensemble : Le mécanisme existe déjà en petit, au Costa Rica et au Brésil, et les chiffres se tiennent, mais tout repose sur un flux d'argent qui ne doit jamais s'arrêter. Faisabilité physique et technique : Rien à construire : il s'agit de ne PAS couper, et les satellites savent déjà surveiller chaque hectare de la planète.
Coût financier 55 sur 100 42 euros la tonne évitée, c'est un bon prix, mais c'est un loyer sans fin : on paie tant que la forêt doit rester debout, et ça pèse sur les budgets pour toujours.
Coût matériel 92 sur 100 Un des plans les plus sobres possibles : il ne consomme presque rien et protège la terre au lieu de l'occuper.
Coût humain 70 sur 100 Il faut recruter et payer des centaines de milliers de gardes et d'agents locaux, souvent dans des zones reculées : faisable, mais long.
Disponibilité des ressources 88 sur 100 Pas de béton ni de métaux rares : il faut de l'argent, des gardes et des satellites qui existent déjà.
Coût en temps 78 sur 100 Là où l'argent arrive, la tronçonneuse s'arrête vite : le Brésil a réduit sa déforestation d'environ 80 % en huit ans.
Le monde
Ce que ça implique pour les gens et les pays : industrialiser sans abîmer, être adopté, améliorer la société, faire coopérer les États, sauver des vies.
Le mécanisme est populaire auprès de ceux qui touchent le salaire, mais il faut que les pays riches versent 120 milliards par an pendant des décennies à une soixantaine de pays, une promesse que le monde a mis treize ans à tenir à moitié la dernière fois.
Industrialisation 74 sur 100 Maturité technologique : Satellites publics, cartes forestières et paiements mobiles fonctionnent déjà aujourd'hui, à l'échelle mondiale. Passage à l'échelle : Ce qui marche dans un pays peut se déplacer chez le voisin : à l'échelle mondiale, il faut boucher les fuites partout en même temps.
Adoption publique 68 sur 100 Un salaire pour protéger sa forêt est plutôt populaire, mais savoir qui touche l'argent, l'État ou les habitants, peut créer de vrais conflits.
Impact sur la société 50 sur 100 Converti de l'ancienne grille, à réévaluer à la prochaine modération.
Impact géopolitique 40 sur 100 Il faut que les pays riches versent 120 milliards par an, pendant des décennies, à une soixantaine de pays : la promesse des 100 milliards climat a mis 13 ans à être à peu près tenue.
Nombre de pays concernés 50 sur 100 Calculé par la plateforme : pays non renseignés, critère neutre (0,5).
Impact sanitaire et vies humaines 95 sur 100 Animaux, rivières, pluies, peuples des forêts : chaque hectare gardé rend des services immenses bien au-delà du CO2.
Empreinte écologique 50 sur 100 Converti de l'ancienne grille, à réévaluer à la prochaine modération.