Un plan pour sauver le monde · publié le 4 septembre 2026
La Roche Vivante
La nature transforme le CO2 en pierre depuis des millions d'années. Et si on faisait la même chose, mais sans attendre des millénaires ?
Certaines roches avalent lentement le CO2 de l'air et le transforment en pierre. Ce plan broie ces roches et accélère la réaction dans des usines, pour piéger le carbone pour de bon au lieu de le laisser dans le ciel. Rien à changer dans ta vie de tous les jours : c'est une industrie qui travaille en arrière-plan.
Le bilan officiel
Score258 sur 1000
Jours gagnés sur la deadline44
CO2 gagné sur l'atmosphère d'ici 2050-5,1 Gt
Coût total d'ici 2050371 milliards d'euros
DÉJÀ DÉROULÉ
Une idée juste et honnête : la nature transforme déjà le CO2 en pierre, et la copier ne demande aucune physique nouvelle. Le plan ne trébuche pas sur la chimie mais sur l'énergie, le temps et la preuve. Tout tient à une électricité entièrement bas-carbone, sans quoi le remède fabrique la maladie, et à un saut d'échelle d'un facteur mille jamais réalisé. Un plan sérieux, dont la faiblesse est la marche à franchir, pas l'intention.
Utilité
Retirer le CO2On retire du CO2 déjà présent dans l'air en le transformant en pierre pour toujours.
Ne plus envoyer de CO2Au début, on attrape le CO2 des usines avant qu'il ne parte dans le ciel.
Le blueprint du plan
Ce plan porte un blueprint : la planche technique dessinée pendant la modération, qui montre d'un coup d'oeil comment il fonctionne. Elle se lit sur la fiche, dans son onglet.
Pourquoi ça peut marcher
Le carbone devient pierre, pour de bonUne fois minéralisé, le CO2 est piégé sous forme de carbonate stable pour des milliers d'années. C'est un des stockages les plus permanents qui existent, sans fuite ni surveillance sous pression.
Aucun accord mondial à attendreChaque pays disposant de roche, d'eau et d'énergie propre peut construire ses installations dans son coin. Le plan avance sans dépendre d'un traité climatique planétaire toujours difficile à signer.
La nature l'a déjà prouvéLa réaction employée est celle qui régule le climat de la Terre depuis des millions d'années. Il n'y a aucune loi physique à découvrir, seulement une réaction lente à accélérer et à mettre à l'échelle.
Rien à changer dans nos viesLe système ne demande aucun effort aux habitants et n'occupe presque pas de terre agricole. Il s'appuie sur des carrières, concasseurs et transports qui existent déjà à grande échelle.
Ce qui fait mal
Tout repose sur une électricité propreLe broyage est si gourmand en énergie que, sans électricité bas-carbone, le procédé réémet une grande part de ce qu'il capte. C'est la condition qui, seule, peut faire s'effondrer tout le bilan.
Un saut d'échelle jamais réaliséLes projets d'altération accélérée existants plafonnent au mégatonne. Passer au gigatonne annuel est un facteur mille pour un procédé encore jeune : c'est le pari industriel le plus raide du plan.
Des montagnes de roche à déplacerIl faut extraire, broyer et transporter 2 à 5 gigatonnes de roche par an, avec l'empreinte minière, les poussières et le risque de métaux lourds que cela suppose sur les sites.
Un effet climatique lent à venirLe plan ne mord vraiment qu'après 2035 et n'atteint sa pleine puissance que vers 2050. Contre une urgence immédiate, c'est un remède patient dont les bénéfices se comptent en décennies.
Le détail des notes
Le gain
Ce que le plan rapporte au monde : le CO2 gagné sur l'atmosphère chaque année (évité et retiré), les degrés de réchauffement gagnés, et une solution qui tient dans le temps.
Le gain est réel et surtout permanent : le carbone devient pierre pour des millénaires. Mais il vient lentement, environ une gigatonne et demie par an vers 2050, soit près de 4 pour cent des émissions mondiales d'aujourd'hui.
CO2 par an 8 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.20 Gt de CO2 nettes gagnées par an en moyenne sur l'atmosphère (évité + retiré, cumul de la série jusqu'à 2050).
Température par an 8 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.00009 °C de réchauffement gagnés par an, dérivés du CO2 net par la TCRE (0,45 °C pour 1000 Gt, GIEC AR6) : la même mesure que le CO2, en degrés.
CO2 décarboné 8 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.11 Gt retirées par an en moyenne du stock déjà présent (colonne co2_removed_gt de la série).
Résilience 72 sur 100 Le carbone fixé en carbonate est stable pour des milliers d'années : la permanence du stockage est excellente. C'est le système, dépendant de l'énergie et du financement, qui reste fragile.
Le chantier
Ce que ça coûte de le faire : le savoir-faire, l'argent, les matériaux, les bras, les ressources disponibles et le temps avant le premier effet.
C'est là que ça pèse : broyer des milliards de tonnes de roche par an réclame environ 300 TWh d'électricité bas-carbone, l'équivalent d'un grand pays, et un saut d'échelle d'un facteur mille depuis les pilotes actuels.
Faisabilité technique 50 sur 100 Aucune loi physique nouvelle : la réaction est celle de la nature. Mais le passage du pilote au gigatonne, un facteur mille, n'a jamais été fait pour un procédé aussi jeune.
Coût financier 35 sur 100 La cible de 50 à 100 euros la tonne reste au-dessus du prix actuel du carbone, et il faut des dizaines de milliards par an à pleine échelle. C'est cher tant que la capture de l'air ne baisse pas.
Coût matériel 30 sur 100 Il faut déplacer et broyer 2 à 5 gigatonnes de roche par an, soit l'ordre de grandeur du ciment mondial. L'appétit en matière première brute est énorme.
Coût humain 70 sur 100 Le plan ne demande aucun changement de mode de vie et n'exige pas de déplacer des populations. Le risque humain reste celui, connu, de l'industrie minière et du broyage.
Disponibilité des ressources 55 sur 100 Les roches riches en calcium et magnésium, basalte et olivine, sont très répandues. Les vrais goulets sont l'eau et surtout l'électricité bas-carbone en très grande quantité.
Coût en temps 30 sur 100 Le premier effet sérieux n'arrive pas avant le milieu des années 2030, et le gigatonne annuel seulement vers 2050. C'est un plan lent, qui se juge sur des décennies.
Le monde
Ce que ça implique pour les gens et les pays : industrialiser sans abîmer, être adopté, améliorer la société, faire coopérer les États, sauver des vies.
Le plan n'exige aucun changement de vie et chaque pays peut avancer seul, sans traité. Le prix à payer est local : des carrières, des poussières à maîtriser et un risque de métaux lourds à surveiller.
Industrialisation 55 sur 100 Carrières, concasseurs, trains et ports existent déjà à très grande échelle. Ce qui manque, c'est de les réorienter et de multiplier la capacité par mille pour ce seul usage.
Adoption publique 70 sur 100 L'industrie travaille en arrière-plan, sans rien demander aux habitants, ce qui facilite l'acceptation. Restent les oppositions locales autour des carrières et des usines.
Impact sur la société 55 sur 100 Le plan crée une industrie et des emplois durables sans bouleverser la société. Son effet social est réel mais discret, porté par la filière plus que par les citoyens.
Impact géopolitique 65 sur 100 Chaque pays peut bâtir ses propres installations sans attendre un accord mondial, ce qui évite les blocages diplomatiques habituels des grands plans climatiques.
Nombre de pays concernés 50 sur 100 Calculé par la plateforme : pays non renseignés, critère neutre (0,5).
Impact sanitaire et vies humaines 50 sur 100 Le broyage fin produit des poussières respirables, et certaines roches comme l'olivine contiennent du nickel et du chrome : la maîtrise des poussières est une vraie condition sanitaire.
Empreinte écologique 42 sur 100 Peu de terre agricole occupée, mais une empreinte minière massive, des poussières et un risque de métaux lourds à surveiller de près sur les sites et dans l'eau rejetée.