Un plan pour sauver le monde · publié le 26 juillet 2026

Semer l'océan de plancton

Des bateaux sèment de la rouille dans l’océan Austral, le plancton s’embrase et emporte du carbone vers les grands fonds. Reste à prouver qu’il y reste.

Dans une grande partie de l'océan, l'eau est pleine de nourriture pour le plancton. Le plancton, ce sont des plantes minuscules qui flottent dans l'eau. Comme toutes les plantes, elles avalent du CO2 pour grandir. Il leur manque juste une chose : un peu de fer. Alors voilà l'idée. Des bateaux versent de la poudre de rouille dans la mer, autour de l'Antarctique. Le plancton explose, il avale du CO2, puis il meurt et il coule. Une partie de ce CO2 descend très loin et n'en revient pas avant un siècle. Ça éviterait environ 120 millions de tonnes de CO2 par an. Ça coûte 42 milliards d'euros sur 24 ans, ce qui est peu pour un plan mondial. Mais il y a un gros problème : sur 100 kilos de CO2 avalés en surface, il n'en reste qu'un kilo et demi tout au fond. Et aujourd'hui, la loi interdit de le faire.

Le bilan officiel

TEXTE ACHEVÉ

Le geste est ridiculement simple et bon marché, et le plancton pousse à tous les coups : c'est ce qui rend cette idée increvable depuis quarante ans. Le problème n'est ni le fer ni les navires, c'est qu'on ne sait pas prouver combien de carbone reste au fond, et que le droit international interdit déjà de le faire ailleurs qu'en recherche. Tant que la mesure ne suit pas, semer l'océan reste un pari sur une comptabilité invérifiable, avec des effets secondaires, N2O et eaux privées d'oxygène, qui peuvent manger la moitié du gain.

Utilité

Le blueprint du plan

Ce plan porte un blueprint : la planche technique dessinée pendant la modération, qui montre d'un coup d'oeil comment il fonctionne. Elle se lit sur la fiche, dans son onglet.

Pourquoi ça peut marcher

Ce qui fait mal

Le détail des notes

Le gain

Ce que le plan rapporte au monde : le CO2 gagné sur l'atmosphère chaque année (évité et retiré), les degrés de réchauffement gagnés, et une solution qui tient dans le temps.

Le potentiel affiché, 120 Mt de CO2 par an, cache une fourchette énorme (40 à 400) : sur treize essais en mer depuis 1993, un seul a clairement montré du carbone parti au fond, personne ne sait donc quel chiffre est le bon.

Le chantier

Ce que ça coûte de le faire : le savoir-faire, l'argent, les matériaux, les bras, les ressources disponibles et le temps avant le premier effet.

Le geste lui-même est presque ridicule de simplicité et bon marché, 28 euros la tonne évitée, mais la mesure et la vérification restent le poste le plus cher et le plus incertain du dispositif.

Le monde

Ce que ça implique pour les gens et les pays : industrialiser sans abîmer, être adopté, améliorer la société, faire coopérer les États, sauver des vies.

Le droit international interdit déjà ce geste hors recherche depuis 2008, et l'épisode d'une entreprise privée ayant déversé du fer sans autorisation au large du Canada en 2012 a laissé une méfiance durable.

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