Un plan pour sauver le monde · publié le 4 septembre 2026 · concerne France, Inde, Chine, États-Unis
Le ciment qui réavale sa propre fumée
Transformer les cimenteries pour qu'elles capturent leur fumée et la remettent dans la pierre, en recyclant le vieux béton au passage.
Fabriquer du ciment rejette beaucoup de CO2. L'idée : équiper les cimenteries qui existent déjà pour qu'elles attrapent ce gaz avant qu'il parte dans l'air, puis le collent dans de la matière solide faite avec du vieux béton démoli. Le béton d'un bâtiment détruit sert alors à bâtir le suivant, et le carbone reste piégé dans la pierre au lieu de chauffer le ciel.
Le bilan officiel
Score298 sur 1000
Jours gagnés sur la deadline45
CO2 gagné sur l'atmosphère d'ici 2050-5,2 Gt
Coût total d'ici 2050361 milliards d'euros
ESQUISSÉ
Un plan bien placé : il ne demande pas d'inventer une industrie, il demande à celle du ciment de se retourner sur elle-même, sur un levier rare de gros émetteurs déjà outillés. La comptabilité est honnête et le financement s'appuie sur un produit déjà vendu. Son ennemi n'est pas la physique mais l'énergie propre et la vitesse d'équipement : sans électricité décarbonée, le bilan net s'effondre, et la minéralisation seule ne fera jamais les gigatonnes.
Utilité
Ne plus envoyer de CO2On attrape le CO2 des cimenteries avant qu'il ne s'échappe dans l'air.
Retirer le CO2Plus tard, une partie du gaz vient de l'air lui-même et reste collée dans la pierre pour de bon.
Le blueprint du plan
Ce plan porte un blueprint : la planche technique dessinée pendant la modération, qui montre d'un coup d'oeil comment il fonctionne. Elle se lit sur la fiche, dans son onglet.
Pourquoi ça peut marcher
Le levier est déjà bâtiPeu de sites, très concentrés, énormes émetteurs, et déjà équipés de carrières, fours, silos et clients : le plan se greffe sur une infrastructure existante au lieu d'en créer une.
Le carbone finit dans la pierreLa minéralisation transforme le CO2 en carbonate solide, un stockage permanent qui ne demande pas d'être surveillé ni renouvelé, contrairement à une forêt qu'il faut garder debout.
Financé par un produit déjà venduCiment, granulats recyclés, traitement de déchets et certificats carbone donnent plusieurs revenus pour payer le surcoût, là où le retrait pur attend un chèque public.
La ville devient sa propre mineLe béton démoli redevient matière première au lieu de partir en décharge, ce qui réduit l'extraction de granulats vierges et la pression sur les carrières.
Ce qui fait mal
Tout tient à une énergie propreCapter du CO2 en brûlant du charbon ne fait que déplacer le problème : si l'électricité et la chaleur restent carbonées, le gain net par site chute de moitié et le plan perd son sens.
Un seul site complet existeLa cimenterie de Brevik, en Norvège, est le premier captage industriel complet, mis en service vers 2024. Passer de un à plusieurs centaines de sites en vingt ans n'a jamais été fait.
La minéralisation ne fait pas les gigatonnesCarbonater le béton démoli n'immobilise que quelques dizaines à une centaine de mégatonnes par an au mieux : le gros des tonnes vient du captage, pas des vieux murs.
Le vrai retrait dépend d'un gaz rareLa phase de retrait atmosphérique suppose un CO2 biogénique disponible juste à côté des sites, ce qui n'est pas garanti et repousse le retrait à plus tard.
Le détail des notes
Le gain
Ce que le plan rapporte au monde : le CO2 gagné sur l'atmosphère chaque année (évité et retiré), les degrés de réchauffement gagnés, et une solution qui tient dans le temps.
Le gain grimpe jusqu'à un peu plus d'une gigatonne nette par an vers 2050, une vraie part des émissions du ciment. C'est surtout de l'évité, permanent quand le CO2 finit minéralisé, et un retrait encore modeste en fin de course.
CO2 par an 8 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.21 Gt de CO2 nettes gagnées par an en moyenne sur l'atmosphère (évité + retiré, cumul de la série jusqu'à 2050).
Température par an 8 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.00009 °C de réchauffement gagnés par an, dérivés du CO2 net par la TCRE (0,45 °C pour 1000 Gt, GIEC AR6) : la même mesure que le CO2, en degrés.
CO2 décarboné 2 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.03 Gt retirées par an en moyenne du stock déjà présent (colonne co2_removed_gt de la série).
Résilience 70 sur 100 Le carbone minéralisé devient un carbonate stable, piégé pour de bon ; la part évitée tient tant que le site tourne sur une énergie propre.
Le chantier
Ce que ça coûte de le faire : le savoir-faire, l'argent, les matériaux, les bras, les ressources disponibles et le temps avant le premier effet.
Rien n'est à inventer de zéro et le tout se finance par un produit déjà vendu, mais équiper plusieurs centaines de cimenteries en vingt ans reste un chantier lourd, suspendu à la disponibilité d'une énergie propre.
Faisabilité technique 60 sur 100 Chaque brique existe déjà en pilote (captage à Brevik, minéralisation chez Neustark), mais leur assemblage à l'échelle d'un site complet reste à démontrer.
Coût financier 50 sur 100 Le surcoût de captage est réel, 40 à 100 euros la tonne, mais il s'appuie sur un produit déjà vendu et plusieurs revenus, pas sur une subvention nue.
Coût matériel 75 sur 100 Le plan consomme peu de matière neuve : il réutilise le béton démoli et les résidus de four comme matière première au lieu d'extraire du vierge.
Coût humain 85 sur 100 Le citoyen ne change presque rien à sa vie : ni terrain cédé, ni régime, ni machine à acheter. La transformation reste dans l'usine.
Disponibilité des ressources 50 sur 100 La ressource critique n'est pas le CO2 mais l'électricité et la chaleur décarbonées, encore rares près des sites, sans quoi le bilan net s'effondre.
Coût en temps 40 sur 100 Les premiers effets restent modestes avant 2030 ; l'échelle de la gigatonne n'arrive que dans les années 2040, au rythme d'équipement du parc.
Le monde
Ce que ça implique pour les gens et les pays : industrialiser sans abîmer, être adopté, améliorer la société, faire coopérer les États, sauver des vies.
C'est le point fort : aucun traité mondial requis, chaque pays équipe ses sites à son rythme, et le citoyen ne voit presque rien changer. L'adoption passe par l'industrie et les marchés publics, pas par les ménages.
Industrialisation 55 sur 100 Le geste est le même d'un site à l'autre, donc réplicable, mais rénover plusieurs centaines de cimenteries en vingt ans est un chantier sans précédent.
Adoption publique 70 sur 100 L'adoption ne passe pas par les ménages mais par l'industrie et la commande publique, ce qui évite d'avoir à convaincre la population.
Impact sur la société 60 sur 100 La construction continue sans rupture, les villes deviennent leurs propres carrières et des emplois industriels se maintiennent autour du recyclage.
Impact géopolitique 70 sur 100 Aucun accord mondial n'est nécessaire : chaque pays équipe ses propres cimenteries et peut revendre sa technologie, ce qui réduit les blocages entre États.
Nombre de pays concernés 65 sur 100 Calculé par la plateforme : 4 pays concernés déclarés (1 pays = note maximale, 50 et plus = 0, rampe logarithmique).
Impact sanitaire et vies humaines 60 sur 100 Capter les fumées et réduire l'extraction diminue au passage les poussières et les polluants locaux autour des cimenteries et des carrières.
Empreinte écologique 65 sur 100 Moins de carrières ouvertes et moins de béton en décharge, au prix de l'énergie et des solvants du captage : le bilan environnemental reste positif.