Un plan pour sauver le monde · publié le 9 septembre 2026
Retour sous terre
Brancher un service de captage et de stockage sur les usines qui rejettent déjà du carbone végétal, et ne payer que le carbone vraiment enfoui.
Les plantes mangent du CO2 en poussant. Quand une usine les transforme, ce CO2 ressort. Ce plan le récupère avant qu'il reparte dans l'air et l'enfouit très profond, dans la roche, pour très longtemps. On ne paie l'usine que pour le carbone vraiment enterré et mesuré, jamais pour une promesse.
Le bilan officiel
Score382 sur 1000
Jours gagnés sur la deadline25
CO2 gagné sur l'atmosphère d'ici 2050-2,8 Gt
Coût total d'ici 2050428 milliards d'euros
BOUCLÉ
Un plan d'ingénieur rare par son honnêteté : il ne paie que la tonne nette contrôlée, déduit ses propres émissions et refuse les raccourcis comptables qui ont discrédité le captage ailleurs. Son gain reste modeste face au problème, et son talon d'Achille est double, le débit d'injection et la ressource végétale disponible, mais c'est une contribution solide et crédible au retrait durable, à condition de n'étendre que ce qui marche.
Utilité
Retirer le CO2Il récupère le CO2 que les plantes ont pris dans l'air et l'enferme pour très longtemps sous terre.
Le blueprint du plan
Ce plan porte un blueprint : la planche technique dessinée pendant la modération, qui montre d'un coup d'oeil comment il fonctionne. Elle se lit sur la fiche, dans son onglet.
Pourquoi ça peut marcher
On ne paie que le carbone vraiment enfouiChaque tonne est payée après injection et contrôle, net de toute la chaîne, et jamais sur une promesse : c'est la règle qui a manqué à presque tous les dispositifs de crédit carbone passés.
Les briques existent déjà, en serviceL'usine d'éthanol de Decatur stocke environ un million de tonnes par an depuis 2017, et Northern Lights a fait approuver une extension à au moins cinq millions de tonnes par an en 2025.
Un retrait vraiment durableLe CO2 part dans des formations salines profondes sous une couverture étanche, isolé de l'air pour des siècles, là où une forêt payée peut brûler ou être coupée l'année suivante.
Aucune contrainte nouvelle pour les habitantsLe plan se greffe sur des usines qui tournent déjà et ne demande ni nouvel achat ni nouvelle habitude aux gens : il mise sur l'emploi local et des recettes fiscales.
Ce qui fait mal
Le débit d'injection peut tout bloquerUn grand volume géologique n'est pas un grand débit annuel : injecter 375 millions de tonnes par an en 2040 est sans commune mesure avec les cinq millions par an des hubs autorisés aujourd'hui.
Cher, et peu de tonnes à l'arrivéeÀ 150 euros la tonne nette, l'addition monte à des dizaines de milliards d'euros par an pour environ 1,8 gigatonne d'ici 2040, quand réduire à la source coûte souvent bien moins par tonne.
La ressource végétale est un plafondLe CO2 biogénique accessible se compte en centaines de millions de tonnes par an ; l'objectif de 2040 en frôle la limite, et toute hausse forcée de biomasse détruirait le bénéfice climatique.
Un financement à inventer et à défendreLa contribution sur le carbone fossile doit être votée, et son assiette est vouée à diminuer avec la sortie des fossiles : le plan repose sur une recette qui n'existe pas encore et qui rétrécira.
Le détail des notes
Le gain
Ce que le plan rapporte au monde : le CO2 gagné sur l'atmosphère chaque année (évité et retiré), les degrés de réchauffement gagnés, et une solution qui tient dans le temps.
Le retrait est réel mais modeste face au problème : environ 1,8 gigatonne cumulée d'ici 2040, quand le monde émet une quarantaine de gigatonnes par an. C'est du carbone enfoui pour de bon, pas une annonce de capacité.
CO2 par an 4 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.11 Gt de CO2 nettes gagnées par an en moyenne sur l'atmosphère (évité + retiré, cumul de la série jusqu'à 2050).
Température par an 4 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.00005 °C de réchauffement gagnés par an, dérivés du CO2 net par la TCRE (0,45 °C pour 1000 Gt, GIEC AR6) : la même mesure que le CO2, en degrés.
CO2 décarboné 8 sur 100 Calculé par la plateforme : 0.11 Gt retirées par an en moyenne du stock déjà présent (colonne co2_removed_gt de la série).
Résilience 55 sur 100 Le carbone est enfoui pour très longtemps et le plan impose de remplacer physiquement toute tonne relarguée, mais il dépend d'une ressource végétale et de permis d'injection qui peuvent manquer.
Le chantier
Ce que ça coûte de le faire : le savoir-faire, l'argent, les matériaux, les bras, les ressources disponibles et le temps avant le premier effet.
Les briques existent en pilote ; le défi est de les assembler à l'échelle de centaines de modules, avec un débit d'injection encore à démontrer et des dizaines de milliards d'euros par an à trouver.
Faisabilité technique 60 sur 100 Toutes les briques tournent déjà en pilote, de l'usine d'éthanol de Decatur au stockage de Northern Lights ; ce qui reste à prouver, c'est le débit d'injection et l'assemblage à l'échelle de centaines de sites.
Coût financier 40 sur 100 À 150 euros la tonne nette, l'addition atteint des dizaines de milliards d'euros par an, un budget public lourd qui achète peu de tonnes au regard de la réduction des émissions à la source.
Coût matériel 60 sur 100 Le plan se greffe sur des usines existantes et limite le matériel neuf au captage, à la compression et au transport, mais les conduites et les puits d'injection restent des ouvrages lourds.
Coût humain 70 sur 100 Personne n'a à changer ses habitudes et les emplois des usines sont préservés ; le point sensible reste la sécurité des conduites et des stockages pour les riverains, que le plan prend au sérieux.
Disponibilité des ressources 45 sur 100 La ressource de CO2 végétal accessible se compte en centaines de millions de tonnes par an, et l'objectif de 2040 en frôle le plafond : il reste peu de marge entre l'ambition et la ressource réelle.
Coût en temps 45 sur 100 Les premières tonnes tombent vers 2028, mais l'essentiel du retrait n'arrive qu'après 2035 : c'est un effort de longue haleine, pas une réponse rapide au réchauffement.
Le monde
Ce que ça implique pour les gens et les pays : industrialiser sans abîmer, être adopté, améliorer la société, faire coopérer les États, sauver des vies.
Le plan soigne sa gouvernance, emplois locaux, expertise indépendante et stockages répartis entre pays ; mais il doit faire accepter des conduites et des puits près des gens et bâtir une coalition d'États durable.
Industrialisation 60 sur 100 Le plan se pense en modules standardisés de 250 000 tonnes qu'on réplique, ce qui aide la montée en charge ; mais passer de quelques pilotes à 1 800 modules reste un saut industriel énorme.
Adoption publique 55 sur 100 Le plan n'impose aucun achat aux habitants et mise sur l'emploi local, mais l'acceptation des conduites et des stockages souterrains près des habitations n'est jamais acquise d'avance.
Impact sur la société 60 sur 100 Le plan finance une expertise indépendante pour les riverains et une concertation précoce, et refuse de lier l'indemnisation à l'abandon du droit de contester : une gouvernance soignée.
Impact géopolitique 55 sur 100 Le plan répartit les stockages entre plusieurs pays pour éviter de dépendre d'un seul et aide les États aux sites pertinents mais au capital cher ; reste à faire tenir une coalition volontaire dans la durée.
Nombre de pays concernés 50 sur 100 Calculé par la plateforme : pays non renseignés, critère neutre (0,5).
Impact sanitaire et vies humaines 60 sur 100 Un transport de CO2 sous pression comporte un risque de fuite pour les populations proches, que le plan encadre par des seuils d'alerte, des exercices et une responsabilité longue ; ailleurs l'effet est neutre.
Empreinte écologique 70 sur 100 Le plan refuse explicitement toute coupe forestière accrue, tout drainage de tourbière et tout usage du CO2 pour extraire du pétrole, et surveille les fuites de méthane : l'empreinte est tenue de près.