régénération naturelle assistée

On ne plante rien : on repère dans les champs les souches et les racines encore vivantes, on choisit les rejets qui en repartent, on les protège et on les taille. Au Niger, environ 200 millions d'arbres sont ainsi revenus sur 5 millions d'hectares depuis les années 1980, pour 20 à 60 dollars l'hectare quand une plantation à pépinière en coûte plusieurs centaines. Et il n'y a pas de mortalité de jeunes plants à retrancher du résultat, puisque le système racinaire est déjà en place.

La forêt est déjà sous le champ

Un champ sahélien qui paraît nu ne l'est pas sous la surface. Les souches et les racines des arbres coupés il y a vingt ou quarante ans sont souvent vivantes, et elles envoient chaque année des rejets que le sarclage tranche par habitude, parce qu'ils gênent la houe. La régénération naturelle assistée consiste à ne plus couper : repérer les souches, choisir deux à cinq tiges par souche, tailler le reste, protéger l'ensemble du bétail et du feu. Le stock de départ n'est pas une pépinière, c'est ce qui est déjà en terre.

Ce que ça change au budget

Une plantation classique paie des graines, une pépinière, un transport, une mise en terre, souvent un arrosage les deux premières années, et elle perd une part de ses plants en route. La régénération assistée paie du travail, de la surveillance et parfois une clôture : 20 à 60 dollars l'hectare, contre plusieurs centaines pour une plantation. Le second écart compte autant que le premier : il n'y a pas de taux de survie à retrancher du résultat, puisque le système racinaire est adulte et que l'arbre ne traverse jamais l'étape fragile du jeune plant.

Le Niger, quarante ans de preuve

Dans les régions de Maradi et Zinder, la méthode se répand à partir des années 1980, d'abord poussée par un agronome missionnaire, Tony Rinaudo, puis de paysan à paysan. Environ 200 millions d'arbres sont revenus sur 5 millions d'hectares, un retour lisible sur les images aériennes d'une décennie à l'autre. Le déclencheur a été juridique autant qu'agronomique : tant que l'arbre appartenait à l'État, le paysan qui laissait pousser un rejet travaillait pour quelqu'un d'autre. La reconnaissance progressive de son droit sur les arbres de son champ, dans les réformes des années 1990 et 2000, a retourné l'incitation.

Ce que la méthode ne fait pas

Elle a besoin d'une banque de souches vivantes : sur un sol stérilisé de longue date ou en plein désert, il n'y a rien à faire repartir, et il faut bien planter. Elle ne reconstitue pas une forêt non plus, mais un parc arboré de quelques dizaines d'arbres à l'hectare, dont le stock de carbone n'a pas de commune mesure avec celui d'un couvert fermé. Ce qui fait tenir l'arbre debout n'est donc pas le carbone, c'est le rendement de la culture en dessous, le bois de feu et le fourrage. Reste un handicap qui n'est pas technique : il n'y a ni rangées bien droites, ni journée de plantation à photographier, ni ruban à couper, et un bailleur finance plus volontiers ce qui se voit.

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