pénalité énergétique

La part de l'énergie d'un site qui part dans le captage du CO2 au lieu d'aller au produit : le plus souvent 15 à 30 %, soit environ 250 MW avalés sur une centrale de 1 GW. Le piège est là : si cette énergie est fossile, il faut brûler plus pour capter, et une partie du CO2 capté est réémise en le captant.

Où passe cette énergie

Presque tout part dans la régénération du solvant. Les amines attrapent le CO2 à froid et ne le relâchent qu'une fois chauffées vers 120 °C : il faut donc de la vapeur, et cette vapeur est prise sur la turbine, qui produit d'autant moins d'électricité. Le reste va dans la compression du gaz jusqu'à environ 100 bars pour le pousser dans le tuyau, et dans les ventilateurs qui font traverser l'absorbeur aux fumées. La pénalité n'est donc pas une taxe administrative, c'est de la chaleur et de la mécanique.

Un taux de captage n'est pas un taux de réduction

Une installation annoncée à 90 % de captage retient 90 % du CO2 de la cheminée qu'elle traite. Si l'énergie du captage vient de fossile, il faut en brûler davantage pour produire autant, et ce supplément émet à son tour. Petra Nova, au Texas, s'était équipée d'une turbine à gaz dédiée de 75 MW pour alimenter son captage, et les rejets de cette turbine n'étaient pas captés. Le chiffre honnête est celui de la tonne nette évitée, pas celui de la tonne attrapée.

Quand la pénalité est faible, et quand elle est rédhibitoire

Elle s'effondre quand la chaleur nécessaire existe déjà en pure perte sur le site, ou quand l'électricité du procédé est bas carbone. Elle explose quand il faut construire une source d'énergie rien que pour capter. Elle explose aussi quand le CO2 est dilué : capter les 10 à 20 % d'une fumée industrielle coûte bien moins d'énergie par tonne que capter les 0,04 % de l'air libre, et c'est le vrai écart entre le captage en sortie d'usine et le captage direct dans l'air.

Ce que ça change quand tu écris un plan

Compte les mégawatts et dis d'où ils viennent. Un plan qui équipe une flotte d'usines de captage ajoute une demande d'électricité et de chaleur qui doit apparaître quelque part dans le bilan, sinon elle est payée deux fois : une fois par le réseau, une fois par le climat. Poser la question fait souvent basculer l'ordre des priorités, parce qu'un procédé qu'on peut électrifier ou dont on peut supprimer la source coûte moins d'énergie que le même procédé auquel on colle un captage.

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