Un atome de carbone pèse 12, un atome d'oxygène pèse 16. En brûlant, chaque carbone attrape deux oxygènes et la molécule obtenue pèse 44 au lieu de 12. Le rapport 44 divisé par 12 fait 3,67, et c'est tout le mystère : la masse ajoutée vient de l'air. Brûler une tonne de charbon presque pur relâche donc près de quatre tonnes de gaz.
Les forestiers et les agronomes pèsent ce qu'ils voient, c'est-à-dire du carbone : un stock de sol en tonnes de carbone par hectare, une croissance d'arbre en tonnes de carbone par an. La comptabilité climatique, elle, compte le gaz relâché, donc du CO2. Les deux ont raison, et le même sol qui gagne 0,3 tonne de carbone par hectare gagne aussi 1,1 tonne de CO2 par hectare. Même mesure, deux chiffres.
La conversion se glisse partout. La matière sèche d'un arbre est à peu près pour moitié du carbone, donc une tonne de bois sec vaut environ une demi-tonne de carbone et près de deux tonnes de CO2. Le bilan carbone mondial publie les émissions fossiles autour de 10 GtC par an, quand les inventaires nationaux annoncent les mêmes émissions autour de 37 GtCO2. Et une part par million de plus dans l'atmosphère correspond à environ 2,1 GtC ajoutées.
Confondre les deux unités, c'est se tromper d'un facteur presque quatre, dans le sens qui flatte. Un plan qui reprend un chiffre d'agronome en tonnes de carbone et l'annonce en tonnes de CO2 évitées se donne 267 % de résultat en trop, sans avoir rien fait de faux ailleurs. La règle tient en une ligne : pour passer du carbone au CO2 on multiplie par 3,67, pour revenir on divise. Quand une source ne dit pas laquelle des deux elle emploie, l'ordre de grandeur tranche souvent tout seul, parce qu'un sol agricole ne stocke pas plusieurs tonnes par hectare et par an.
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tonnes de carbone tC/ha tC/an GtC MtC