L'atmosphère absorbe presque tout l'infrarouge qui monte du sol, sauf dans une bande comprise entre environ 8 et 13 micromètres. Or une surface à température ordinaire rayonne justement l'essentiel de son énergie autour de 10 micromètres. Elle regarde donc à travers ce trou et voit l'espace, à moins de 3 kelvins. C'est le seul endroit de la planète où l'on peut se débarrasser de chaleur sans la déposer chez le voisin.
Par ciel clair et air sec, n'importe quel toit descend de plusieurs degrés sous la température de l'air : c'est pour cela qu'il y a du givre sur les voitures un matin où le thermomètre affiche encore trois degrés. La difficulté commence au soleil, parce qu'il faut alors renvoyer plus de 95 % des mille watts par mètre carré qui arrivent, tout en continuant d'émettre dans la fenêtre. Des revêtements multicouches y arrivent depuis 2014, et les meilleurs films de laboratoire évacuent autour de 90 watts par mètre carré en plein midi.
Quelques dizaines de watts par mètre carré, c'est l'ordre de grandeur de ce qu'un toit laisse entrer un jour de canicule. Le gain n'est donc pas une tonne de CO2 en moins, c'est l'électricité de climatisation qu'on n'a pas consommée pour évacuer cette même chaleur, dans les heures où le réseau est le plus tendu. La contrepartie est symétrique et souvent oubliée : la surface refroidit aussi en hiver, ce qui rend le procédé excellent sous les climats chauds et discutable ailleurs sans dispositif pour le désactiver.
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