Un rendement est une part de ce qui entre : 30 % veut dire qu'un tiers ressort utile et que le reste part en chaleur. Mettez quatre conversions à la suite et les parts se multiplient au lieu de se moyenner : 0,30 × 0,85 × 0,75 × 0,80 donne 0,15. Quinze pour cent, là où la moyenne des quatre chiffres en suggérait presque soixante-dix. D'où une règle qui vaut d'être retenue : une chaîne ne fait jamais mieux que son maillon le plus faible, et elle fait toujours moins.
Partez du même kilowattheure pris sur le réseau et suivez-le jusqu'à la roue. En batterie, la charge et l'électronique en gardent environ 90 %, le moteur et la transmission environ 85 % : il reste de l'ordre des trois quarts. En hydrogène, l'électrolyse en garde environ 70 %, la compression et le transport un peu plus de 90 %, la pile à combustible autour de 60 %, le moteur 90 % : il reste environ un tiers. En carburant de synthèse, l'électrolyse puis la synthèse à partir de CO2 puis un moteur thermique qui bute sur le rendement de Carnot laissent moins d'un cinquième. Même énergie au départ, cinq fois moins de kilomètres au bout.
Un rendement bout en bout ne veut rien dire sans ses bornes. Compte-t-on les pertes en ligne, quelques pour cent entre la centrale et la prise ? L'énergie dépensée à fabriquer le carburant, la batterie, le réservoir ? Le chauffage de l'habitacle, qu'un moteur thermique fournit avec sa chaleur perdue et qu'un électrique doit payer en plus ? Deux chaînes ne se comparent que si elles partent du même point et s'arrêtent au même service rendu. C'est la question à poser devant tout pourcentage flatteur, et elle suffit souvent à faire tomber le chiffre de moitié.
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