La TVA suit le prix : elle monte quand le baril monte. Une accise, non. Elle est fixée par litre, par hectolitre ou par mégawattheure, et elle ne bouge que si le Parlement la rebouge. Deux conséquences opposées. Le rendement est stable, ce qui en fait un pilier budgétaire, mais sa valeur réelle s'érode toute seule avec l'inflation, et le signal envoyé au carbone s'efface sans qu'aucune décision n'ait été prise.
Convertir une accise en euros par tonne de CO2 est un simple quotient : le tarif au litre divisé par le CO2 que ce litre relâche. Le gazole routier arrive ainsi vers 220 € la tonne, l'essence plus haut encore, alors que le fioul domestique et le gaz sont très en dessous et que l'électricité n'est pas taxée à ce titre. Le pays a donc déjà un prix du carbone, très élevé et très incohérent d'une énergie à l'autre, sans l'avoir jamais voulu ainsi : il est le résidu d'un siècle de décisions budgétaires, pas d'un calcul climatique.
Proposer de taxer le carbone en France, ce n'est pas construire une machine, c'est tourner un bouton qui existe et qui collecte déjà des dizaines de milliards d'euros par an chez quelques opérateurs pétroliers. Le verrou n'est donc ni technique ni administratif : il est politique, et il est daté. Une hausse de quelques centimes par litre prévue pour 2019 a déclenché le mouvement des gilets jaunes, la trajectoire a été gelée, et la composante carbone n'a plus bougé depuis. Un plan qui rehausse l'accise doit donc dire ce qu'il fait de la recette, parce que c'est exactement là que le précédent a cassé.
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